Vendre son animal de compagnie aux laboratoires : les cours du chien et du chat s’envolent à la Bourse de Paris.

La mesure concernant la vente des animaux de compagnie aux laboratoires, passée discrètement le 17 mars dernier, en début de confinement, quand la France entière était recroquevillée et apeurée chez elle, fait débat. Comme à l’accoutumée, les professionnels de la finance et de l’investissement rentable n’ont pas attendu pour profiter de cette manne gargantuesque. Analyse de ces matières premières qui pourraient bouleverser le marchés boursiers.

Publié le 28.06.2020 à 22h01mn. Mis à jour à 22h11mn.

Les journalistes de Mediapart et du Monde n’ayant pas été sur le terrain, lors du début du confinement historique qui s’est abattu sur le pays, le décret relatif à la vente directe des animaux de compagnie aux laboratoires n’a pas été médiatisé. “Oh, le reporter de lepigramme.fr ! Il n’y a pas que ces fouineurs de Mediapart et les fureteurs du journal Le Monde. Je ne parle même pas de ces glandeurs du JDD. Ils bossent un jour par semaine et ils sortent plus de scoops que nous. Donc, montre du respect pour les autres journalistes, je te prie”, m’avertit l’éditorialiste d’un prestigieux quotidien national.

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“Les particuliers ont besoin de fric ou pas ?”

Un chargé de marketing du gouvernement assure que le décret vise, avant tout, à désengorger les fourrières bondées du pays : “Avec tous les animaux qui sont abandonnés chaque année sur les routes, les fourrières manqueront de masques de protection lors des euthanasies en cas de deuxième ou troisième vague de Coronavirus. Et nous, au gouvernement, les histoires de masques : on en a ras le c** ! On ne veut plus en entendre parler. De plus, j’ajouterai que grâce à ce décret, nos citoyens pourront mettre du beurre dans leurs épinards bio. Les français ont constaté que le beurre est primordial durant cette épidémie. Les gens oublient vite la pénurie de beurre lors du confinement, c’est lamentable. Que les personnes qui râlent pour un oui ou pour un non ne viennent pas nous rouspéter dessus si, en plus, on permet aux français de gagner davantage de pognon. Il faudrait savoir : les particuliers ont besoin de fric ou pas ?”

“C’est le moment d’investir”

En clôture de séance boursière, les cours du chien et du chat ont vu une montée inattendue dans le marché des matières premières, après une stagnation de trois mois à la Bourse de Paris. Au milieu des stocks de sucre, de cacao, de céréales, de cuivre et de pétrole, les cotations des animaux de compagnie “tentent de faire leur place”, explique un analyste boursier. Il ajoute : “Il ne faut pas s’alarmer si les cours ne montent pas en flèche. Malgré leurs airs de carnassiers dangereux et féroces sans foi ni loi, les investisseurs financiers ont des sentiments. Je ne parle pas des investisseurs humanistes, bien évidemment. Ceux-là, ils investissent sans attendre une rentabilité immédiate. Ils font ça par éthique pour l’écologie et le bien-être d’autrui, les cons ! Non, les investisseurs dont je parle ont besoin d’être rassurés avant d’acheter en masse. Les gens qui ont un PEL ou un Livret A ne le savent pas, mais les investisseurs en bourse sont de grands sentimentaux. Ils ne feraient pas de mal à une mouche. Selon mes analyses, les acheteurs devraient maintenir leurs positions. Je conseille d’acheter du chien et du chat côtés en bourse. Comme matières premières, c’est plus rentable que le pétrole, l’acier et le coton réunis. Par contre, je pense qu’il faut attendre encore un petit peu avec d’acheter du hamster, du furet et du canari. La rentabilité sera faible pour un bon bout de temps. Ces marchés ne sont pas assez soutenus. Les propriétaires sont réticents à vendre. Il n’y a qu’à voir le rapport attachement/prix. Il est encore trop élevé pour inciter les propriétaires à vendre. Par contre, pour le serpent jarretière : foncez ! C’est le moment d’investir. Les chiens et chats sont des actifs bien plus rentables que les actions ou les obligations. Les opportunités spéculatives sont gigantesques, malgré le niveau de volatilité hors grandes vacances lorsque les chiens sont abandonnés pour éviter de payer un supplément à l’hôtel ou un dog sitter.”

“Ça en fait de la barbaque”

A juste titre, en termes de valeur sentimentale, en plus de l’aspect cruel de ce décret, les altruistes associations de défense des animaux craignent une recrudescence des vols d’animaux de compagnie. “Hier, un connard a tenté de voler mon chien. Avant d’appeler le ministère de l’Agriculture, j’ai eu le réflexe d’aller au laboratoire le plus proche de chez moi. Heureusement ! J’ai trouvé le malotru attendant devant la grille, tranquillement, comme si de rien n’était. En me voyant, il a détalé comme un lapin. Il a bien fait, sinon… Par la grâce de Mère Nature, mon chien va bien. C’est un mastiff. Il n’a pas cherché à rattraper le voleur. En ville, les gros chiens sont doux comme des agneaux. C’est pas comme les molosses de la campagne. Les gros chiens, en milieu rural, peuvent affronter un loup ou un ours. Mais les toutous de la ville : ils sont trop dociles et trop gentils. Je ne connais pas les prix d’achat au kilo que proposent les laboratoires, mais il aurait rapporté un joli pactole, mon clébard. C’est que 100 kilos, ça en fait de la barbaque”, dissèque un retraité.

“Les marges sont énormes”

Du côté du gouvernement et des élus de la majorité, c’est silence radio. “On n’a pas reçu les éléments de langage. Perso, je ne vois pas le problème avec ce décret. Les gens savent que nous, notre objectif : c’est rentabiliser toutes les ressources du pays. Les citoyens savent que nous sommes des libéraux à l’américaine, en mode Wall Street, indique avec une fierté non dissimulée un élu de la majorité. J’avais prévu de déposer un projet de loi pour la suppression des allocations familiales, des congés maternité et autoriser les aliments OGM, mais les patrons m’ont ordonnés de faire profil bas et de la mettre en veilleuse un petit moment. Le temps que ça se calme. Normalement, je ne dois même pas te parler, mais que veux-tu ?, j’ai besoin de reconnaissance. Avant de devenir parlementaire, j’étais commercial en fenêtres imitation PVC. Mon ancien boss saluait mes fantastiques résultats financiers. Comme les marges sont énormes dans ce secteur de l’imitation PVC, j’avais des commissions de malade. Par contre, les familles de mes anciens clients me gueulaient dessus tout le temps. C’est injuste. Pour une fois que quelqu’un leur rend visite, il se fait engueuler. Quoi ? C’est vrai. Leurs familles les voient une fois par an. Et puis, c’est pas interdit de vendre des trucs à des personnes âgées naïves et à des gens sous tutelle, à ce que je sache, non ?. On n’est pas dans une économie planifiée.”

 

Crédit-photo : pxhere, cc0.

 

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