Une start-up lève la somme record de 3.000 euros auprès d’un Business angel français.

Une première dans l’histoire de l’investissement hexagonal. Une start-up a levé la somme record de 3.000 euros auprès d’un Business angel tricolore.

Les 4 fondateurs d’une start-up, créée il y a un peu plus de 8 ans, a réussi à recevoir le montant de 3.000 euros de la part d’un investisseur français. Les entrepreneurs savent déjà ce qu’ils vont faire de cette somme, jugée “anormalement astronomique pour le secteur”, d’après un analyste.

“La Silicon Valley a du mourron à se faire !”

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“Pincez-moi, s’il vous plaît. J’ai l’impression de vivre un rêve éveillé. Bien sûr, nous en rêvions, mais de là à ce que ce soit possible ? C’est magnifique ce qui nous arrive. La Silicon Valley a du mouron à se faire ! On arrive bientôt, Palo Alto !, prévient, avec une euphorie non dissimulée, l’un des startupers. Cela n’a pas été facile. Il nous a d’abord fallu passer une cinquantaine d’entretiens. C’étaient davantage des interrogatoires. Le Business angel a été très sympathique, mais j’ai décelé une petite dose de paranoïa. Après chaque question, il me répétait la même tirade : vous êtes sûrs que votre start-up durera dans le temps ? ben non que je ne suis pas sûr, je lui ai répondu. Si je ne voulais pas prendre de risques, j’aurais monté un snack de tacos. Il a compris mon raisonnement. Il a tellement approuvé qu’il a demandé 90% de notre société en échange des 3.000 euros. Comme on est dans la mouise, on a dit oui, mais normalement, il aurait dû avoir entre 1 et 2% de l’actionnariat”.

“Les aides de l’État qui sont très intéressantes

“Mais bon, on n’avait pas trop le choix, regrette son associée. Quand tu es dans le domaine des services, les banques ne prêtent généralement pas. Les banquiers aiment voir les machines et tout ce qui est matériel. C’est une sorte de vénalité financière, mais je ne suis pas trop sûr. En cas de faillite, elles te reprendront quoi pour récupérer leur argent ? Juste ton ordi qui aura perdu 80% de sa valeur, dès la sortie de son déballage d’origine, tes 2 ou 3 stylos et aussi ta sacoche. Les banques n’aiment pas le risque. En plus, les organismes bancaires ne comprennent rien au secteur internet. Normal, qu’elles ne nous donnent pas un rond. Il y a les aides de l’État qui sont très intéressantes. Il y a malheureusement un tout petit, mais très gros, hic. Pour bénéficier d’une aide étatique, il faut d’abord avoir un prêt bancaire. Je me demande si c’est fait exprès leur truc ou si c’est juste un hasard ? Il y a aussi des organismes très accueillants qui t’aident, mais juste pour des conseils. Il faut savoir qu’ils sont encore plus fauchés que nous, c’est dire. Certaines administrations travaillent encore avec des Pentium. Je les ai vus, la seule fois où je suis allé chez eux pour avoir des renseignements sur les aides financières. Et surtout, je les ai entendus leurs 486 qui vrombissaient comme des moteurs au diesel. Je crois que j’ai eu plus de peine pour eux qu’ils en ont eu pour moi, quand ils m’avaient dit qu’ils n’accordaient pas de financement, conformément au statut de leur organisme d’aide verbale”.

“Le prometteur business plan de ces petits cons”

Le partageur Business angel a accepté de recevoir Lepigramme.fr dans ses immenses et modernes bureaux, situés en plein centre de Paris. “Vous voulez boire quelque chose ? J’ai de l’eau du robinet si vous le désirez, me propose  gentiment le fondateur de la société d’investissement. Quand j’ai lu le prometteur business plan de ces petits cons, j’ai tout de suite cru en leur projet. Au bout de quelques réunions, c’était plié. J’ai dit à mes équipes de sortir le carnet de chèques. Sans risques, il n’y a pas de gros profits. Pardon, mais je dois partir. J’ai un rendez-vous à Pékin. Je dois rencontrer des Business angels chinois. Mon jet privé est prêt à décoller. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à prendre un rendez-vous”.

“Leurs millions de dollars distribués comme des shots de tequila”

Depuis la bulle internet de 2000, la somme la plus élevée accordée à une start-up a été de 1.200 euros. Les porteurs de projets et les chefs d’entreprises en place font la tête. Ils pensent qu’il faut tourner la page de “cette saloperie de bulle internet de mes deux”, selon un jeune entrepreneur. Il ajoute qu’il faudrait “apprendre à davantage oser, pour être au niveau des américains et de leurs millions de dollars distribués comme des shots de tequila lors d’une soirée. Avant la bulle internet, des gamins de 5 ans avaient reçu des millions de francs, à la fin des années 90, auprès d’investisseurs, mais ce n’est pas une raison pour être radins et méfiants vis-à-vis de nous. Il pourrait y avoir prescription, quand même. Et puis, nous n’y sommes pour rien, nous. On faisait encore caca dans nos couches. On ne va pas trinquer pour des petits merdeux du siècle dernier. Nous n’y sommes pour rien, si des gens qui arrivaient à peine à manier le joystick de leur vieille console Atari 2600 se lançaient dans le secteur internet”.

“La société est valorisée 2 milliards de dollars

Du côté des start-ups US, nous sentons un étonnement, mêlé à une certaine crainte de voir cette concurrence imprévue. “Vous allez bientôt nous dépasser, les frenchies (rire anxieux). Il va falloir nous méfier. A ce rythme, nos entreprises viendront demander de l’argent chez vos Business angels (rire apeuré). Juste une question, Lepigramme.fr. Quand vous avez dit 3.000, c’est 3.000 quoi ? Je veux dire qu’avec vous, les européens, toutes vos unités de mesures sont bizarres, car tellement différentes des nôtres. Nous, nous comptons en miles et vous en mètres, par exemple. Donc je voudrais savoir ces 3.000 que vous citez au sujet de cet investissement record chez vous en France, c’est en quelle unité ? 3 millions ? Si c’est 3 milliards d’investissements ? Rares sont nos Business angels qui pourraient en faire autant”, indique un startuper californien, dont la société est valorisée 2 milliards de dollars, également Business angel à ses heures perdues, par philanthropie.

Depuis la terrible et dévastatrice bulle internet de 1999-2000, 3.000 euros est à présent la somme record d’investissement accordée par un Business angel français à une startup. Record à battre.

 

 

Crédit-photo : pxhere, cc0.

 

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