Seine-Saint-Denis : les fonctionnaires recevront 10.000€ en bons pour des séances chez le psy.

Dans le cadre de son plan de reconquête républicaine, le gouvernement a, semble-t-il, trouvé la solution pour inciter les téméraires et patients fonctionnaires du département de la Seine-Saint-Denis de rester en poste plus de 5 ans.

Bien que les réfugiés de pays en guerre estiment la Seine-Saint-Denis “vivable, mais de 9 à 19h”, les téméraires et débonnaires fonctionnaires, qui osent y travailler, “par obligation, par curiosité ou par inconscience”, selon une habitante, partent en général au bout de 3 mois, après affectation forcée, sous peine de partir trimer dans le très incertain privé. Face aux incivilités, aux menaces et aux tirs de mortiers ou de bazookas, ils sont nombreux à demander à travailler ailleurs ou à se porter malades, suite aux ulcères à répétition provoqués par l’ingestion d’antidépresseurs ultra-puissants. Le gouvernement a décidé de réagir avec un plan d’envergure.

“L’argent arrange tout”

Publicité
Booking.com

Face à cette regrettable situation, le gouvernement a décidé d’allouer une aide de 10.000 euros, à tout fonctionnaire en poste plus de 5 ans. “L’argent arrange tout, analyse un cadre de LaREM. S’il le faut, nous accorderons également aux citoyens normaux, même avec un casier judiciaire, mais non-fichés S, une aide pour qu’ils restent en Seine-Saint-Denis. Les habitants des beaux quartiers parisiens le méritent”.

“Mon travail que j’aime”

Les fonctionnaires concernés par cette aide de 10.000 euros en séances chez un psy agréé sont dubitatifs. Ils pensent que cela n’arrangera pas leur moral, déjà bien mal en point. “C’est bien sympathique, ces bons cadeaux pour des séances chez le psy. Pour une fois, on pense à nous. Nous nous faisons insulter chaque jour, c’est très difficile. Je ne vous parle même pas de l’immense stock d’armes confisquées à certains petits de maternelle. Mais combien de temps mon psy va-t-il m’aider à supporter mon travail que j’aime et que j’exerce par passion ?“, demande une enseignante, tout se rongeant le peu d’ongles qu’il lui reste dans une main et tout en colmatant l’hémorragie externe provoquée par la morsure réalisée par un gamin de 4 ans à qui elle a confisqué son calibre 9mm.

“Ras le képi”

Même son de cloche de la part des forces de l’ordre. “C’est bien simple. On arrête un délinquant multi-récidiviste, avec un casier, gros comme celui d’un politique mis en examen pour trafic d’influence, marchés truqués et je ne sais quoi d’autre, à 14h par exemple, on le défère devant le juge et à 15h, il revient nous narguer, à l’intérieur même de notre commissariat. J’en ai ras le képi, moi. On ne peut même pas le reconduite à la sortie de notre poste de police. Si tu as le malheur ne serait-ce que de le frôler, l’IGPN (police des polices ou bœufs carottes, ndlr) nous fout, parfois involontairement, en garde à vue, et les associations de défense des délinquants viennent manifester, toujours volontairement, devant nos locaux”, se désole un policier.

“500 magistrats et 5.000 greffiers supplémentaires”

Le personnel judiciaire est également à bout. Les magistrats et les greffiers croulent sous les dossiers, qui arrivent par camions entiers chaque jour. Ils font des heures supplémentaires qui ne pourront jamais être indemnisées. “Je ne sais pas à quoi carburent leurs délinquants, mais je n’ai jamais vu ça en 30 ans de métier. Il faudrait la construction d’une tour de 100 étages et le recrutement de près de 500 magistrats et 5.000 greffiers supplémentaires pour traiter tous les dossiers de Seine-Saint-Denis”, conseille un expert. Une greffière confirme les dires de notre analyste rencontré. “On bosse jusqu’à pas d’heure, on fait des heures sups et on est mal payés. Ce n’est pas en rajoutant 50 personnes de plus que je vais avoir le temps pour tirer un coup. Mon amoureux est patient, mais il commence à en avoir marre. En même temps, c’est compréhensible. Ça fait 3 mois que je ne suis pas rentrée chez moi, à force de travailler pour être à jour dans mes dossiers. Le Serment des greffiers des services judiciaires est bien plus strict que celui des avocats. Eux, rien de les empêche d’aller en boîte et de faire l’amour, quand ça leur chante. Nous, il faut que l’on finisse notre travail d’abord. Et croyez-moi, mon mec va encore attendre un bon bout de temps avant qu’il ait sa gâterie. Si ça continue comme ça, j’utiliserai ces 10.000 euros en séances de thérapie de couple”, fait savoir l’abstinente par devoir de professionnalisme et de déontologie.

“Par compassion”

Les fonctionnaires d’autres administrations de Seine-Saint-Denis accueillent également cette aide de 10.000 euros avec perplexité et désorientation. “Quand vous avez le malheur de ne pas fournir un document dans la minute, alors que la procédure prend normalement 7 à 8 jours, minimum, vous vous faites parfois insulter. Nous renonçons à nos pauses déjeuner pour faire plus vite et éviter que certains citoyens nous frappent. Heureusement, tous les habitants de Seine-Saint-Denis ne sont pas comme ça. Les gens qui sont témoins des scènes de violence nous apportent des gâteaux, mais aussi des antidouleurs et des antidépresseurs par compassion. C’est bien simple, j’ai pris 20 kilos, tellement j’ai mangé de ces délicieux gâteaux qu’on nous offre gentiment. Cela compense les diètes, vu que je ne mange pas à midi. Oui, oui, on se fait frapper, ça arrive. J’ai beau dire ‘Non, pas le visage, pas le visage’ en français et dans ses 256 langues traductions, ça ne change rien. Les coups pleuvent. Heureusement, pas toutes les heures, mais oui, on a reçu des coups dans le cadre de notre travail. Avec l’ancienneté, j’ai appris à éviter les uppercuts et autres coups de pieds au visage par-dessus le guichet. Je ne parle même pas des quolibets et autres noms d’oiseaux que l’on nous adresse lorsque le tampon n’est pas droit. Un cachet penché de 2 degrés et c’est une insulte, minimum“, explique un fonctionnaire, tout en essuyant les épais, mais dégoulinants, crachats lancés sur son visage par un usager, injustement en colère.

“Avoir l’eau potable et l’électricité

Les marchands de sommeil sont aux anges. Les millions prévus pour la rénovation de logements insalubres font leur rentier bonheur. “Actuellement, je loue un 3 pièces à 16 personnes. Jusqu’à maintenant, je facture 400 euros par personne. Mais avec cette rénovation, ils pourront avoir l’eau potable et l’électricité. Ainsi, je pourrais me faire 600 euros par locataire, les doigts dans le nez. Très bonne idée qu’ils ont eue”, se félicite le propriétaire de 50 logements situés en Seine-Saint-Denis. Il ajoute : si tu as besoin d’un logement où dormir, j’en ai un de disponible. Je ne demande ni fiche de paie, ni garant, ni rien du tout. De toute façon, si tu ne paies pas à temps, je te fous dehors et je garderai tes affaires”.

“Candidats triés sur le volet”

Les extrémistes religieux voient également d’un bon œil ce plan du gouvernement. ” Il faut reconnaître que la création de 35 postes de greffiers et 12 postes de magistrats, c’est très peu, cela nous rassure. Le temps que l’un de nos nombreux dossiers soit traité, nous avons le temps de faire entre 500 et 600 lavages de cerveau. Nous nous attendions à beaucoup plus. Idem pour la création de 50 postes de policiers. Il en faudrait normalement 100 ou 200 fois plus pour ce département. 50 flics de plus, c’est des loukoums (cacahuètes, ndlr). Mais les 20 millions alloués pour l’éducation, oui, à condition d’introduire des cours de théologie rigoriste. Nous sommes disposés à fournir des CV de candidats triés sur le volet, minutieusement choisis par nos soins. Nous, si on peut aider, on ne dit jamais non”, propose un chef religieux multi-fiché S, tout juste revenu de Syrie, d’Afghanistan et d’Arabie Saoudite, dans le cadre d’un séjour professionnel.

“Stratégie intelligente et disruptive”

La stratégie de reconquête républicaine, qui prévoit une hausse des effectifs des forces de l’ordre, met en colère les trafiquants de drogue. “Cette stratégie intelligente et disruptive, qui vise à lutter contre le trafic très lucratif que j’exerce, est assez efficace. Cela va me forcer à augmenter mes effectifs de petits choufs (guetteurs, ndlr)”, fait savoir un dealer au détail de haschich.

“Même pour 1 million de dollars”

Les psychiatres sont également furieux. Ils ne veulent pas profiter de cette aide pour “se faire du pognon de dingue sur le dos de formidables fonctionnaires”, selon un psy. Selon une autre psychiatre, elle-même sous antidépresseurs, car la majorité de sa clientèle travaille dans le 93, “la psychanalyse résout bien des problèmes, mais travailler en Seine-Saint-Denis, quand vous êtes fonctionnaire, c’est comme travailler sur un ring d’arts martiaux, en plein milieu d’un quartier dangereux d’Amérique latine. Il faudrait des décennies pour aller à 10% mieux moralement”. Un chef de gang d’un quartier périlleux de Tijuana, en vacances en France, qui a entendu les propos de la psychiatre m’interpelle, “Holla muchacho de lepigramme.fr. Non, je ne peux pas laisser dire cela des quartiers mortels d’Amérique latine. Nos barillos (quartiers, ndlr) sont beaucoup moins dangereux et aventureux que votre nueve-cubo (neuf trois, ndlr). Notre cartel ne s’implantera jamais dans votre département del noventa y tres (93, ndlr)”. Même commentaire de la part d’un grand grand trafiquant de crack de Los Angeles, venu pour affaires. “No bro (non frère, ndlr). Je ne travaillerais jamais dans le nine three (neuf trois, ndlr), man (mec, ndlr), même pour 1 million de dollars. Je n’y ai jamais été, mais à ce qu’on dit à L.A (Los Angeles, ndlr), les gangs de là-bas ne rigolent pas. Même votre Matignon a dit qu’il n’y a pas en France de département comme votre ninety-three (93, ndlr)”, explique un dealer de Compton, un quartier chaud de la cité des anges.

 

 

Crédit-photo : pxhere, cc0.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lepigramme.fr