Les pompiers veulent leur prime de feu en liquide pour ne pas se retrouver le bec dans l’eau.

Nos vaillants pompiers ont manifesté, mardi dernier, pour obtenir une revalorisation de leur prime de feu.

Les pompiers combattent le feu, au péril de leur vie, chaque jour, pour le bien des citoyens et des infrastructures, qu’elles soient publiques ou privées. “On combat le feu, tout en évitant les projectiles lancés par des connards quand on va éteindre le feu qui prend chez eux. Si ça, ça ne montre pas notre grandeur d’âme, que le gouvernement me dise ce que c’est. Pourtant, on nous laisse crever à petit feu”, se désole un pompier, tout en évitant les jets de canons à eau, lors de la manifestation.

C’est plus pratique

Sous pression, nos courageux pompiers demandent de meilleures conditions. “Avec mes collègues de la caserne, on vient du Nord pour manifester notre mécontentement. Ils me font marrer, ceux des forces de l’ordre, avec leurs petites gouttes de flotte qu’ils balancent avec leurs canons à eau. Ces cons ne savent pas qu’on reçoit 10 fois plus de flotte, quand il pleut chez nous. Par contre, ce qui ne me fait pas marrer, mais alors pas du tout, c’est que notre prime de feu n’a pas été valorisée depuis 1990. J’aimerais bien connaître la valorisation des salaires et des primes des politiques, depuis 1990. En même temps, ce sont eux qui votent les lois sur l’augmentation de leurs salaires. C’est plus pratique et plus facile, forcément”, fait savoir un pompier.

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“Chat échaudé craint l’eau froide”

Un autre pompier, qui a entendu la conversation, apporte de l’eau au moulin du soldat du feu interviewé. “Là, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Le gouvernement, comme les précédents, de droite ou de gauche, mettent de l’huile sur le feu en s’entêtant à refuser nos demandes et à ne pas nous écouter. Nous sommes tout feu tout flamme, déterminés. Cette manifestation ne sera pas un coup d’épée dans l’eau, j’en mettrais ma main au feu. Les ronds-de-cuir ne veulent pas comprendre qu’on en bave, tout en étant mal payés. Ce qu’on demande, c’est clair comme de l’eau de roche, pourtant, sacré nom d’un pyromane. Durant des décennies, on a mis de l’eau dans notre vin, mais là, c’est plus possible. Les citoyens nous soutiennent et pas uniquement quand on éteint le feu qui saccage leurs baraques. Notre capital sympathie est énorme. Ils reconnaissent nos efforts. On ne veut plus des promesses des politiques. Pour eux, il n’y a pas le feu au lac. Normal, t’as vu combien ils touchent chaque mois ? Ils sont peut-être été formés aux promesses en l’air, durant leurs formations en politique, avec leurs éléments de langage à la con, je sais pas. Mais ce que je sais, c’est que chat échaudé craint l’eau froide. On veut du concret, pourtant c‘est une goutte dans l’océan, ce qu’on demande, quand tu compares aux risques que l’on prend. Il faut vraiment avoir un cœur de glace pour ne pas satisfaire à nos revendications. Mais attention, nous ne faisons pas ce métier pour le pognon, mais le torchon brûle. Nous affrontons les flammes, car nous voulons être utiles à la société. Mais avec un petit salaire, avec les charges, avec l’inflation, tu ne fais pas long feu, explique le sympathique pompier, accompagné de son épouse et collègue. On bosse ensemble. Depuis le premier regard, on a eu le coup de foudre. De temps en temps, il y a de l’eau dans le gaz, mais c’est normal dans un couple, les petites disputes. Cependant, elle fait toujours la tête quand des nanas me roulent des pelles ou quand elles font des strip-teases improvisés, à moi et à mes collègues, sans qu’on leur demande quoique ce soit, comme ça, par surprise et spontanéité, pour nous remercier d’avoir sauvé leur appartement des flammes”.

Le gouvernement devra me payer en liquide

Les pompiers ont obtenu une revalorisation à hauteur de 25% de leur traitement indiciaire des pompiers professionnels. “Bon, je me suis ramassé une bonne dizaine de coups de matraques sur la tronche de la part d’un CRS, mais ça en valait la peine. J’avais pourtant sauvé sa maison des flammes, mais il a sûrement dû oublier. On n’a rien sans rien, après tout. Et puis, c’est rien par rapport aux pierres et barres de fer que des gens nous lancent dessus quand on va éteindre des feux ou bien quand on se déplace pour une angine. A 75%, les gens nous appellent pour des problèmes de santé, pour dire à leurs gosses de finir leurs assiettes ou pour déboucher un évier. Comme on est gentils, on aide, mais c’est abusé un petit peu, non ?”, interroge un pompier.

La prime de feu étant financée en grande partie par les collectivités territoriales, les pompiers ont demandé au gouvernement à être payés en liquide. “Là où j’habite, le budget de mon département est plutôt serré. Le gouvernement devra me payer en liquide. En plus, il faudra discuter du reste, comme de la dangerosité de notre métier et aussi de notre retraite”, exige un valeureux pompier.

 

 

Crédit-photo : pxhere, cc0.

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