Déconfinement : comment recevoir la prime de 900 euros si vous faites changer d’avis vos voisins qui n’envoient pas leurs enfants à l’école ?.

Suite à la demande du ministre de l’Éducation nationale, appelant les citoyens à faire changer d’avis leurs voisins, parents réticents à envoyer leurs enfants à l’école face au risque de contamination au Coronavirus, le gouvernement a ajouté une prime pour motiver ces ambassadeurs d’un nouveau genre.

Face au petit nombre d’élèves présents dans les établissements scolaires, le gouvernement a mis en place une sorte d’intéressement pour aider à la reprise économique. “Cet intéressement, c’est du pognon. Du bon gros pognon. On est de droite, mais on n’a pas peur de prononcer les mots pognon, fric, thune, oseille, blé ou moulaga comme disent les jeunes”, avertit un cadre de LaREM.

“Sacré nom d’une chloroquine !”

“Si on continue à verser du chômage partiel, notre PIB passera de -6 à -6,2%. C’est inadmissible si on veut contrer les pays concurrents. On n’est pas libéraux pour rien, sacré nom d’un socialiste de gauche ! Il n’y a pas de sentiments dans l’économie de marché. Je ne comprends vraiment pas les parents qui n’envoient pas leurs mouflets à l’école. En France, les soins relatifs au Coronavirus sont gratuits, en plus. Il serait dommage de ne pas en profiter, sacré nom d’une chloroquine ! Que les parents de mioches arrêtent de faire leurs chochottes et qu’ils retournent au boulot”, conseille un altruiste élu de la majorité.

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“Sauf raison particulière de santé”

Dans une interview accordée à la talentueuse Elisabeth Martichoux, sur la chaîne info LCI, Jean-Michel Blanquer a rappelé que l’instruction est “obligatoire“. De plus, il a alerté sur le risque de décrochage des élèves qui “se lèvent tard”, concluant que “ce n’est pas bien pour eux (élèves, ndlr)” et “pas bon pour le pays (économie, ndlr)”. Tout en ordonnant aimablement d’envoyer les enfants à l’école, le ministre a prié les citoyens qui ont “un voisin qui peut-être n’envoie pas son enfant à l’école”, de lui dire que “c’est bon” pour l’élève d’aller en classe, “sauf raison particulière de santé”.

“Culpabilise les parents au point qu’ils chialent…”

“Pour résumer ce qu’a dit le ministre : tu as des voisins qui n’envoient pas leurs morveux à l’école, fais-leur la morale et surtout, culpabilise les parents au point qu’ils chialent toutes les larmes de leur corps, à moins que le petit marmouset n’ait une maladie très grave”, fait savoir un haut fonctionnaire du ministère de l’Éducation nationale, ancien analyste boursier, et actuellement à mi-temps avec une mission relative au développement économique du pays.

En plus des remerciements de la nation et d’une médaille symbolique, les voisins qui feront changer d’avis les parents récalcitrants auront une prime de près de 900 euros “par enfant”, selon un psychologue de l’Éducation nationale. “Si j’ai bonne mémoire, il y a une citation qui pourrait synthétiser cette démarche de 900 euros. N’hésitez pas à me reprendre si j’ai faux, le reporter de lepigramme.fr. La citation, c’est, de mémoire : ‘Quand on parle pognon, à partir d’un certain chiffre, tout le monde courbe l’échine’. C’est d’Audiard ou du Medef, je ne me rappelle plus”, indique, hésitant, un sociologue.

“Mes voisins ont 4 enfants. Les 3.600 euros, je vais les recevoir d’un coup ou bien en plusieurs tranches ?, demande un sympathique étudiant. C’est que ça coûte cher pour étudier. Ce fric ne sera pas de trop pour moi.”

“Il y a des limites”

“Même si j’ai passé l’âge qu’on me fasse la morale, j’accepte encore moins qu’on me torde le pouce pour m’inciter à envoyer mes gosses à l’école. Je ne blague pas. Mon voisin m’a plaqué contre le mur pour me parler gentiment et calmement, il disait. Je sais que son initiative partait d’une bonne intention, que c’est pour le bien de mon enfant et patati et patata. Je suis conscient qu’il ne voulait pas me causer une entorse du pouce, mais il y est allé un peu trop fort en allant me sermonner. C’est mon gosse, après tout, analyse un papa en surcharge pondérale et fumeur invétéré de cigarettes, effrayé à l’idée d’envoyer son enfant de 8 ans en classe. J’ai pas envie de me retrouver sous respirateur si ce petit con me ramène ce put*** de virus dans son cartable. Mon gosse fait l’école à la maison, point barre. Je tiens d’ailleurs à remercier son enseignante qui envoie les devoirs avec professionnalisme et assiduité. Quand je pense que l’autre ministre (Sibeth Ndiaye, ndlr) voulait l’envoyer à la cueillette aux fraises. Avec tout le respect que j’ai pour les saisonniers, diplômés ou non : les enseignants ne sont pas usés les mirettes à lire des tonnes de bouquins de conjugaison et de grammaire durant leurs études, et ensuite la santé, car il en faut de la patience pour faire tenir en place des enfants plus de 30 secondes, pour, à la fin et en plus, qu’ils aillent dans les champs au risque de se fracasser le dos à cueillir des fraises. Il y a des limites.”

Nombreux sont les habitants à saluer cette initiative. Cependant, ils sont encore plus nombreux à la critiquer. “Surveiller les faits et gestes de ses voisins, et puis quoi encore ? Ils se croient où, ceux qui ont décidé de cette loi ? Pourquoi pas créer des postes de camarades-commissaires dans les syndics de copropriété, pendant qu’ils y sont ?”, demande un membre du PCF.

 

Crédit-photo : pxhere, cc0.

 

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