Pour la première fois en France, un secrétariat d’État englobe les mots “retraites” et “travail” dans son intitulé.

Pour la première dans l’histoire politique et sociale française, un secrétariat regroupe les termes retraites, santé et travail. Certains syndicats de fonctionnaires et de salariés du privé y voient de l’ironie, d’autres, de la provocation. Le gouvernement assure que non. Analyse.

A peine les nouveaux secrétaires d’État nommés que, déjà, les impétueux syndicats de salariés voient rouge. “Si j’étais parano, je dirais qu’ils se foutent de nos gueules, ceux du gouvernement”, explique le responsable d’un syndicat qui a toujours rejeté les propositions politiques intéressées de gouvernements de droite et de gauche depuis des décennies. Même son de cloche chez les associations de retraité.e.s. L’adhérent d’un syndicat de jeunes retraités confie : “Ils se foutent de nous ou quoi, les petits jeunes des ministères ? On ne me la fait pas à moi ! Ils veulent me remettre au travail ? Pas question. J’ai l’âge d’être leur grand-père, le petit Castex compris, et ils veulent me faire reprendre le chemin de l’usine ? Non, non et non ! Ils devront me passer sur le corps, ces petits garnements. Je ne gagne pas des masses avec ma petite retraite, mais hors de question de me coltiner mon ancien patron. J’ai donné pendant 45 ans, ça suffit. Déjà qu’il me gueulait dessus quand je pétais la forme, alors imagine ce qu’il me dira étant donné que j’ai une arthrose.”

“C’est pas écrit Blum, Jaurès ou Mitterrand de la période 81-83…”

Le gouvernement tient à apaiser les esprits. Selon un ministre, “la santé au travail est essentielle, étant donné que les salariés devront turbiner plus longtemps dans un avenir très proche, politique libérale oblige”. Ainsi, pour des raisons “pratiques”, les retraites et le travail, et accessoirement sa santé, sont regroupées dans un seul et même secrétariat d’État, selon un élu de la majorité. Il ajoute : “Que les fouille-merde (opposition et Gilets jaunes, ndlr) ne cherchent pas la petite bête, une fois de plus. Nous ne sommes pas de gauche, on l’a dit et répété depuis le début. Ce n’est pas de notre faute si les gens rêvent de voir en nous des figures travaillistes. C’est pas écrit Blum, Jaurès ou Mitterrand de la période 81-83 sur nos fronts.”

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Crédit-photo : pxhere, cc0.

 

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