Les deux mules arrêtées avec 30 kg de cocaïne dans l’estomac sont sorties du coma.

Les agents des douanes sont encore ébahis par l’illégale prouesse des deux mules qui ont voulu rentrer dans le territoire avec, chacune, près de 30 kilos de cocaïne dans leur estomac. Cependant, grâce au flair des services des douanes des aéroports internationaux d’Orly et de Roissy-Charles de Gaulle, les faire-valoir des trafiquants ont été appréhendés.

Les mi-vigilants mi-paranoïaques agents de surveillance des douanes des aéroports parisiens d’Orly et de Roissy-Charles de Gaulle n’en croient toujours pas leurs yeux de lynx. Deux mules intrépides ont tenté de passer les contrôles avec, chacune, près de 30 kilogrammes de drogue dans leur organisme. Jusqu’ici, la plus grande quantité ingérée par une mule, individu tentant de passer de la drogue illégale sous le nez et à la barre des soupçonneux douaniers, était de 4 kilos. “Vous avez bien faits de préciser ‘drogue illégale’. Nous, nous ne vendons que de la drogue légale”, indique le dirigeant d’un grand laboratoire pharmaceutique spécialisé dans la vente d’antidépresseurs.

“Gringos de mierda !”

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L’opération conjointe des deux plus grands aéroports de France a permis de réaliser une saisie record inédite dans les annales des douanes nationales et internationales. L’arrestation des mules en a même époustouflé les plus exportateurs et les plus rentables cartels de drogue de la planète. “Gringos de mierda ! Tout ce travail de gavage pour rien. Il y a de quoi vous donner envie d’arrêter ce noble métier de grossiste international et de se lancer dans le voyage low-cost de migrants, laisse présager un grand trafiquant sud-américain, tout en retirant de son emballage une machine de comptage de billets flambant neuve. Quand j’ai su que ces mules ont été emprisonnées, j’ai failli en avaler ma chique aromatisée à la cocaïne pure Premium. Comment voulez-vous travailler sereinement après ça ?. En ce moment, avec tous ces contrôles, j’ai le bec dans la tequila (l’eau, ndlr), mais je vais continuer ma lutte révolutionnaire. Lutte révolutionnaire, c’est dans le sens financier, pas dans le sens politique. La politique, c’est trop dangereux, j’y toucherai jamais. La politique, c’est un univers de requins croisés piranhas, vous pouvez me croire, foi de narcos. Quand je dis révolutionnaire, c’est dans le sens financier. Je ne me suis jamais fait autant d’argent depuis la belle époque des placements financiers chez Madoff. Je l’aime bien, Bernie. Il m’a toujours payé mes intérêts de 40% rubis sur l’ongle, en avance en plus. Il m’a même rendu tout mon argent avant qu’il ne prenne sa retraite. C’est moi qui n’ai pas été honnête avec lui. Je ne lui ai jamais révélé ma profession. Dans la finance, je sais qu’ils sont très à cheval sur les valeurs morales et l’éthique. Malheureusement, des gens intègres comme Bernie, il n’y en a pas énormément. Je ne vous parle même pas de notre domaine professionnel. Il est devenu une implacable jungle. Cependant, il faut continuer à travailler et à exporter nos produits artisanaux, faits avec tendresse et amour, de manière vertueuse. En plus, la vie est devenue très chère, même pour nous. Il faut dire que les belles et attirantes prostituées, ça coûte pinata (bonbon, ndlr). Attention gringo, ne l’écris pas dans ton article ce que j’ai dit sur les affriolantes filles de joie. Je ne veux pas que ma femme me fasse une scène de ménage. Je préfère affronter cent cartels au bazooka que d’avoir une engueulade avec mon épouse. Nos femmes sont belles comme le jour et dangereuses comme la nuit en pleine guérilla au couteau entre gangs. Cette blessure à la carotide, comment je l’ai eu d’après toi ? (soupir apeuré). Mais je l’aime ma maravillosa mujer (merveilleuse femme, ndlr). La légende urbaine dit que nous, les narcos, nous sommes sans sentiments, cruels et inhumains, mais c’est totalement faux. Simplement, nous avons nos parts de marchés, et intrinsèquement notre dignité pécuniaire, à garder. Quand un trafiquant empiète sur ton territoire, tu es quasi-contraint de lui couper 7 ou 8 doigts pour bien lui montrer que tu as de la peine. Dans la profession, nous laissons toujours 2 doigts à l’ennemi commercial pour qu’il puisse tenir le stylo en or massif serti de diamants 24 carats et ainsi signer les accords de paix et de non-représailles. Comme vous le savez, les paroles partent et les écrits restent. Alors oui ! Nous avons des sentiments nous les narco-trafiquants. J’emploie le terme trafiquant même si je n’aime pas vraiment ce mot. Je préfère utiliser le mot narco-négociant. Cela me fait de la peine quand on dit de moi que je suis un trafiquant. Je suis un producteur-commerçant et je ne permets pas que l’on critique mon honorable métier. Plus qu’un métier, c’est un sacerdoce et une vocation. Nous aimons donner du bonheur psychologique aux gens”.

“Tous les risques pour faire passer la marchandise illégale”

Les agents des douanes aéroportuaires qui ont permis ces arrestations sont au bord de l’euphorie. Ils sont fiers comme des gendarmes interceptant un go fast en pleine autoroute. Pour l’occasion, ils ont sabré le champagne. “Précise que ce champagne a été acheté par nos soins. Acheté en duty-free avec 0% de TVA, certes, mais acheté quand même. Il ne provient pas de saisie. Nous, on détruit tout ce qui est saisi. C’est pas un vulgaire service de messagerie bas de gamme ici. Moi, je ne rigole pas avec ça. Les saisies, j’en fais des confettis”, tient à faire savoir un douanier en charge du contrôle de livres contrefaits.

“Elle m’a bien fait cavaler la garce !”

Entre deux coupes de champagne, l’un des douaniers d’Orly nous explique le déroulement des faits. “La mule que j’ai alpaguée avait l’air d’avoir de la bouteille. D’autant, on ne fait jamais de délit de faciès, mais en la regardant minutieusement hier, j’ai senti qu’un truc clochait. Tout est dans leur regard. Quand l’individu vous regarde trop, c’est qu’il y a quelque chose de louche. C’est en m’approchant et qu’elle a tenté de me repousser avec l’un de ses membres inférieurs que je me suis dit qu’il y avait anguille sous roche. J’ai immédiatement appelé mes collègues par radio cibi. Ensuite, par déduction, nous avons neutralisé le suspect de sexe femelle en question. Cette arrestation a été effectuée après une course de 6 kilomètres. Il faut reconnaître avec humilité que nous, les douaniers, nous connaissons nos aéroports par cœur. En hiver, quand il fait -10° dehors, tu as intérêt à connaître les meilleures cachettes pour fumer ta clope tranquille, bien au chaud, sans risquer de te faire choper par tes supérieurs non-fumeurs. Les supérieurs-fumeurs ont leurs propres cachettes, encore plus difficiles à trouver. Ils ne sont pas gradés pour rien. Mais ça a été laborieux avec cette mule. Elle m’a bien fait cavaler la garce !. Je ne sais pas si les trafiquants entraînent leurs transitaires (mules, ndlr) avant le voyage ou si les mules sont choisies pour leurs qualités athlétiques, mais je peux vous révéler qu’une mule, ça galope très vite et encore plus longtemps. Mais nous aussi, les agents des douanes, nous sommes surentraînés. Tous les jours, nous pourchassons à toute vitesse les voyageurs qui achètent 20 ou 30 cartouches de cigarettes, au lieu des 4 autorisées. Ils se hasardent à se barrer à toute allure, mais on les rattrape en général. Sauf les fois où ils s’accrochent aux roues des avions qui décollent. Cependant, les plus coriaces, ce sont les gamins. Avec le prix du paquet en France, nombreux sont les voyageurs qui planquent les paquets de clopes dans les vêtements, les couches ou les sacs à dos de leurs marmots. Avec l’affluence qu’il y a dans nos aéroports, c’est très pénible d’attraper un mioche habitué à courir des dizaines de minutes d’affilée dans la cour de récré de son école. La technique pour immobiliser les furtifs mouflets, ce sont les croche-pattes. C’est radical les croche-pattes. Cela ne nous enchante pas de leur faire ça, à cause des pleurs très bruyants qu’ils font après. Heureusement, les parents arrivent tout de suite après pour leur ordonner de la fermer, afin qu’ils puissent nous supplier, dans le plus grand silence, d’annuler leur grosse amende à cause des clopes. Nous n’avons pas un métier facile. On leur cavale après tous les jours dans l’aéroport pour les empêcher de passer l’une des portes de sortie de l’aéroport. Au-delà des entrées et sorties, ce sont les agents de la Police municipale qui prennent le relais, alors que tout le mérite devrait nous en revenir. Mais bon, c’est tout à fait normal que les touristes revenus de congés galopent comme des lapins. Au prix des clopes dans le territoire national, les voyageurs revenus de vacances prennent tous les risques pour faire passer la marchandise fumable légale (cigarettes, ndlr). Au sujet de ces intrépides mules, je laisse le soin à mes collègues douanier-radiologue et douanier-proctologue de vous expliquer en détail l’anatomie de ces contrevenantes. Moi, les termes médicaux, c’est pas trop mon truc. Par contre, les termes techniques de tous les modèles de valises, attachés-cases et sacs à main, avec toutes leurs cachettes possibles et inimaginables, je les connais sur le bout des doigts. Bon, c’est pas que je m’ennuie, mais j’ai du travail. Je dois me remettre au boulot. C’est quand même aussi grâce à nous, les douaniers, que l’économie française fonctionne encore”, confie un aimable douanier, tout en effectuant une fouille rectale à une retraitée, déjà fichée pour avoir tenté de faire passer par 13 fois des lingots d’or en Suisse.

“Les voies de la science sont impénétrables”

Un fonctionnaire-radiologue ressort de son cabinet, situé en face du duty-free de l’aéroport. Il nous précise le modus operandi de ces mules. “Un estomac humain a une capacité de 1 litre, mais il peut contenir jusqu’à 4 litres de matière. Cependant, la paroi est extensible et peut quintupler aisément de volume. Concernant ces mules, 30 kilos ingérées, je ne pensais pas que c’était réalisable, scientifiquement parlant. Il a dû leur falloir des heures et des heures d’ingurgitation. Les jours précédents, ces mules ont également dû suivre un régime alimentaire favorisant la constipation, constitué de légumes verts, de son et de céréales. Malgré tout, c’est un phénomène inédit dans le domaine scientifique. Comme quoi, les voies de la science sont impénétrables”, philosophe un agent en charge des radioscopies.

“Des têtes de chenapans et des regards de crapules”

Après avoir attendu que les mules aient évacué par voies naturelles les onéreux sachets de drogue, les services des douanes les ont transférées aux zoos les plus proches. “Les Globe-trotters de la IATA doivent clarifier une bonne fois pour toutes le statut des animaux de compagnie. Dans certains pays, les mules sont considérées comme des animaux de compagnie. En tant que douanier, tu ne penses pas à te méfier d’un bichon tout mignon ou d’un labrador tout calme. C’est pareil pour les patientes mules. Dans la catégorie des animaux domestiques, on ne se méfie uniquement que des chihuahuas. Les chihuahuas ont des têtes de chenapans et des regards de crapules. Normal que les trafiquants en profitent pour faire passer leur drogue par mule en avions de ligne et non par avions-cargo. Résultat, les mules se retrouvent dans les soutes des appareils volants avec les chiens, les chats et les hamsters. Les trafiquants profitent de leurs volumineux estomacs pour leur faire bouffer des dizaines de sachets, de la taille de paquets de farine de 1 kg du supermarché, contenant de la drogue, observe un douanier, tout en faisant un toucher rectal à un âne tout juste atterri, dont la panse est anormalement gonflée. Mais attention, des fois les mules sont enceintes. L’autre jour, lors d’un toucher rectal, j’ai chopé la tête d’un bébé âne qui était dans le ventre de sa maman mule, croyant qu’il s’agissait d’un gros sac de drogue. Je lui ai vite renfoncé sa caboche dans le ventre de sa mère, ni vu, ni connu. Je ne veux pas d’emmerdes avec les associations de protection des animaux. Ces associations sont plus coriaces que les syndicats de pilotes, c’est dire. Je tiens à préciser que les 2 mules appréhendées vont très bien. Au moment où je vous parle, elles broutent comme si de rien n’était. Elles sont restées une petite heure dans le coma, après la course-poursuite avec les douaniers dans les aéroports parisiens. Ce sont sûrement les valises des voyageurs qui les ont effrayées. Il faut dire que les mules ne sont pas habituées à voir des valises tous les jours”.

 

 

Crédit-photo : pxhere, cc0.

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