Port obligatoire du masque à Monaco : les contrevenants seront interdits de Bal de la Rose, de yacht-club et de Gala de la Croix-Rouge pendant un an.

Le port du masque est une incontestable mesure pour se protéger d’une éventuelle contamination à l’inflexible coronavirus. Cependant, selon les pays, la pénalité pour n’avoir pas porté la vitale protection diffère, comme dans l’élitiste contrée monégasque par exemple.

Malheureusement, le covid continue de semer son inexorable zizanie à travers les quatre coins de la planète. Malgré les appels répétés en boucle sur les médias, nombreuses sont les personnes à faire fi des indispensables gestes “barrière”, tels que la distanciation physique ou le port du masque de protection. “Il y a des gens, on dirait qu’ils sont nés uniquement pour emmouscailler (terme familier pour dire canuler, ndlr) le monde, et rien d’autre. Ils ont beau connaître les risques, comme se retrouver sous respirateur ou contaminer des personnes âgées, déjà affaiblies par l’âge, mais non, ils ne font pas attention et sortent sans masque de protection. Avec ces crétins, ce n’est pas ‘Après moi le déluge’, mais ‘Après moi le bloc de réanimation’. Ils sont incorrigibles”, se désole un urgentiste.

“Une torture psychologique”

Pour éviter une hécatombe, qui serait fatale à la florissante économie de Monaco, les autorités sanitaires, composées des plus grands et riches spécialistes de santé de la planète, ont mis en place le port obligatoire du masque dans tous les lieux publics, artères comprises. “Porter ce masque est un véritable calvaire, mais que voulez-vous ?, c’est essentiel pour notre fortunée communauté. Voyez-vous, je ne peux plus reconnaître mes amis avec ce masque que tous les membres du yacht-club portent sur eux. Nous, les riches, nous sommes tous habillés pareil, avec un short bleu et une chemise blanche. Aussi, se reconnaître entre nous est une torture psychologique en raison de ces FFP 2 ou FFP 3 carats”, révèle, mi-consterné mi-scandalisé, un homme d’affaire, depuis son modeste yacht de 85 mètres, plateforme de bain immersible comprise.

Publicité
Booking.com

“Ici, c’est Monaco…”

Les contrevenants monégasques se verront infliger, en plus des amendes pouvant aller jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’euros, l’interdiction d’accès aux plus prestigieux lieux et événements de la royale principauté. Cela concerne le yacht-club, les galeries d’art, le Bal de la Rose, le Grand Prix de Formule 1, le Rallye Monte-Carlo, le Gala de la Croix-Rouge, les concerts de musique classique, les spectacles chorégraphiques, les clubs de bridge, le Forum dédiés aux grandes fortunes, le Salon international des Placements financiers, les théâtres, les musées, la Cathédrale, les restaurants et bars des palaces, les night clubs, les loges VIP de la Monaco Gay Pride, les salons premium des banques ou encore le Stade Louis II. “Ici, c’est Monaco. Le stade est toujours vide. Avec ou sans cette interdiction d’accès, ça ne changera pas grand chose”, confie un agent de sécurité, dans son luxueux costume de grande marque.

“C’est comme pisser dans un stradivarius”

“Ils viennent de donner la consigne aux terrains de golf des alentours, situés en France et en Italie, de ne pas laisser entrer les verbalisés. Avec cette mesure, petits et grands comprendront le message, se réjouit un moniteur de golf, avant de monter dans sa grosse berline allemande. En France, les gamins rêvent de devenir joueur de foot. A Monaco, ils ont des posters de stars du golf dans leurs chambres. Un môme monégasque, tu lui donnes le choix entre avoir le parcours de Kylian Mbappé ou celui de Tiger Woods, il choisira Tiger Woods.”

Le royal ministère de la Santé de Monaco justifie ces sanctions inédites dans l’histoire sanitaire mondiale. “A Monaco, infliger des amendes de 135 euros comme vous faites en France, c’est comme pisser dans un stradivarius : inutile et vain. Il faut taper là où ça fait mal. Le porte-feuille de nos résidents est tellement épais qu’un champion poids lourds de boxe ou de MMA ne ferait aucun effet. Par contre, leur interdire les lieux mondains : c’est imparable. Les riches sont insoumis, c’est de notoriété publique, mais ils ont leurs failles, ces snobs prétentieux et condescendants. Ils ne sont pas tous hautains et obstinés, fort heureusement, mais un grand nombre, je vais dire, pour être gentil, psychanalyse un consultant, issu d’une respectable famille de prête-noms. En France, en activité annexe, vous mettez du beurre dans les épinards avec votre livret A. Nous, à Monaco, nous mettons du beurre dans le caviar d’aubergine en devenant prête-nom. C’est culturel. Je ne comprends pas pourquoi c’est si mal vu.”

 

Crédit-photo : pxhere, cc0.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Do NOT follow this link or you will be banned from the site!