Manif des agriculteurs à Paris : le Champ de Mars et les parcs transformés en potagers géants pour tenir jusqu’à l’annulation des traités de libre-échange.

Près de 1.000 tracteurs bloquent, en ce moment-même, les grandes artères de la capitale française. Les agriculteurs sont en colère contre les traités de libre-échange et contre les milliers de réglementations qui ne permettent pas aux exploitations agricoles françaises d’être compétitives. Pour pouvoir rester à Paris, jusqu’à ce qu’ils rencontrent Emmanuel Macron et que leurs revendications soient acceptées, les exploitants agricoles ont eu une idée de génie, inédite dans l’histoire de la République.

Les vaillants et courageux agriculteurs sont décidés à mener leur combat, pacifique et pacifiste, jusqu’au bout. Pour preuve, ils ont créé des potagers géants dans le pittoresque Champ de Mars et dans le prestigieux Jardin du Luxembourg, ainsi que dans d’autres espaces verdoyants de la capitale. “Nous savons que ce gouvernement libéral ne lâchera pas prise facilement. On emporte les semis dans les autres grands jardins et parcs de Paris. Avec un petit lopin de terre, on peut s’alimenter sur des générations. Alors imaginez combien de temps on pourra tenir dans ces verdoyants jardins de la capitale. Par contre, les jardins de l’Élysées, impossible de rentrer à l’intérieur. Ce ne sont pas les CRS qu’il y a devant qui nous font peur. Ce sont plutôt leurs lance-grenades (LBD, ndlr). Avec un seul œil, difficile de conduire un tracteur. Mon chien court toujours à côté quand je suis dans mes champs. Je ne veux surtout pas risquer de l’écraser. Mais bon, on ne va pas se plaindre. Tous les parcs parisiens sont tous alimentés en eau, ça nous arrange. Je sais que t’es pas un agriculteur, mais aide-moi à décharger le compost, ça sera bien aimable de ta part, le petiot”, me demande un agriculteur.

“Super, tous ces produits bio !”

Même satisfaction de la part des vegans parisiens. Certains n’ont jamais mis les pieds dans un champ de légumes de toute leur végétarienne vie, malgré leur infinie passion pour les végétaux et légumineuses. “C’est super, tous ces produits bio !“, reconnaît une végétarienne. “En fait, les agriculteurs plantent des graines et ça va pousser. Je connaissais le process en théorie, mais je n’avais jamais vu, en vrai, comment ils faisaient. Je vais pouvoir voir les plants pousser, car mon balcon donne sur le jardin du Luxembourg”.

Publicité
Booking.com

“Une étable aux Tuileries”

Les ministres et les parlementaires de la majorité sont abasourdis et déboussolés. Ils ne s’attendaient pas à une telle riposte de la part des “bouseux”, comme certains d’entre eux appellent affectueusement les agriculteurs. “Ils n’ont pas de master, tout juste un CAP agri pour certains, mais ils sont coriaces et futés, les campagnards. Ils sont malins ces enfoirés ! Ils ont même ramené leurs vaches laitières. Elles sont dans une étable située dans le Jardin des Tuileries. Ils ont construit une étable aux Tuileries, dans la nuit de mardi à mercredi. On entend le bétail beugler depuis l’Assemblée nationale. D’après vous, le reporter de lepigramme.fr, ils voudront me donner du lait frais ? Ils font du vrai lait à la campagne, sans eau ajoutée. C’est pour ça qu’ils sont si costauds, je pense. Si je leur dis que je suis un député LaREM, ils m’en donneront une double ration, d’après vous ?“, me demande un député de la majorité.

“On travaille comme des forcenés”

Les agriculteurs sont déterminés à “rester aussi longtemps que la situation l’exigera”, selon un représentant de la puissante FNSEA, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles. “On a planté de la pomme de terre, du chou, du poireau, du cresson, de la citrouille et de la carotte. Normal, on est presque en décembre. Tiens, viens dîner avec ta famille un de ces quatre. Nous, les gens de la campagne, nos portes sont toujours grandes ouvertes. C’est pas comme chez vous, à Paris, à vous calfeutrer, la peur et le stress au ventre. On a ramené de beaux fruits et légumes, bien frais, directement de nos champs. Chez nous, c’est de la terre à l’assiette, en faisant une étape sur la cuisinière. On fera un bon potage, tu m’en diras des nouvelles, mon gars. C’est fait avec amour et passion. Tu vois, gamin. Nous, les agriculteurs, on travaille comme des forcenés. On touche pas grand chose comme salaire, mais on aime notre métier. On n’utilise pas ces foutus OGM de mes deux. On aime la terre, on aime nos élevages, on est fiers de ce que l’on produit. Mais malheureusement, on n’est pas aidés par ce gouvernement, comme on n’a pas été aidés non plus par les gouvernements précédents. Mais on s’accroche, on continue. Pas pour le pognon, mais par attachement à notre métier”, fait savoir le sympathique agriculteur en charge des semis dans le Champ de Mars. Même son de cloche de la part des jeunes agriculteurs. “Wesh ma gueule. Les parigos du gouvernement veulent nous faire carotte. Ils me font trop dahak (rire, ndlr). Ils ne savent pas d’où on vient, nous, les jeunes agriculteurs. Compton ou Sevran, c’est Disneyland, à côté de la campagne. On combat les loups et les ours à mains nues, nous. C’est pas un parlementaire qui nous fera peur. On craint dégun, nous ! On ne bougera pas de Ripa (Paris, ndlr), tant que les babtous du parlement n’auront pas voté les lois qui aideront l’agriculture française. J’ai trop le seum, wesh (colère, ndlr). Wesh, j’ai remarqué qu’il est pas top leur shit à Paname. Nous, à la campagne, le cannabis est bien meilleur. Il faut dire qu’on se fournit presque directement du producteur. Les bolides qui font des go fast, quand ils se font courser par les flics, balancent leurs chargements en route. Des fois, sur le bord des routes et des fois aussi dans nos champs. On rend les sacs à la gendarmerie, mais avant, on en prend un peu pour nous”, confie Adrien, jeune agriculteur.

“Dans les principaux parcs et jardins de la capitale

Les vaillants et ingénieux agriculteurs ont installé semoirs, épandeurs à fumier, tracteurs, herses, ensileuses et tout le reste de leur matériel, apporté à Paris pour cette occasion revendicative, dans les principaux parcs et jardins de la capitale : Champ de Mars, Jardin du Luxembourg, Jardin des Tuileries, Parc Monceau, Parc Montsouris, Parc Georges Brassens, Bois de Boulogne, Bois de Vincennes, Jardin des Plantes… “Les saloperies de serpents du Jardin des Plantes veulent manger les œufs tout frais que nos belles poules ont pondus. Heureusement que nos chiens sont entraînés à les faire fuir. Un clébard de la campagne, rien ne l’effraie. Allez, on va trinquer. Dis pas non, ça va me froisser. Moi, à chaque fois que je viens à Paris, je trinque. Y’a qu’à voir comment je suis torché à chaque Salon de l’Agriculture”, fait savoir un fier agriculture.

 

Crédit-photo : pxhere, cc0.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Do NOT follow this link or you will be banned from the site!