JO Tokyo 2020 : le CIO a dit “yé” pour les épreuves nautiques de pêche à la baleine et au dauphin.

Après une longue présentation par le Japon des apports scientifiques et culturels offerts au monde grâce à la sportive pêche à la baleine et l’athlétique pêche au dauphin, ainsi qu’une brève négociation, le CIO a donné son olympique réponse.

La 32ème édition des JO aura normalement lieu du 24 juillet au 9 août 2020 à Tokyo et dans les baies non contaminées par les rejets nucléaires de Fukushima au Japon. Alors que le pays de Son Goku avait menacé d’annuler, tout bonnement et simplement, la nippone tenue des Jeux olympiques de 2020 s’il ne recevait pas une réponse immédiate, l’éminent Comité international olympique, CIO, a finalement dit “Yé” dans l’urgence.

“Au riz sec et à l’eau”

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Le Japon est réputé pour ses magnifiques paysages, ses truculents mangas, sa crue gastronomie, sa tendre viande de Kobé, ses légendaires sumotoris et ses onéreux loyers des exigus logements de sa high-tech et ordonnée capitale, Tokyo. Mais la patrie de Kirbendo-san est également célèbre pour ses traditionnelles et scientifico-sportives pêches à la baleine et au dauphin. “Reporter-san, tu as bien fait d’écrire pêche à l’alléchante baleine et pêche au parfumé dauphin, plutôt que chasse à la baleine ou au dauphin. Je n’aimerais pas, pour ton cerveau d’occidental fragile et non-ponctuel, que tu finisses en garde à vue japonaise de 240 jours, seul dans une pièce, à déféquer à même le sol, sans alcool de riz, sans électricité et sans vie sociale. Les gardes nourrissent les personnes appréhendées par un petit trou réglementaire de 2 centimètres de diamètre, même pas de quoi faire passer un sushi. Nos présumés coupables sont nourris au riz sec et à l’eau. Chez vous, en France, c’est 3 jours maximum les gardes à vue, avec repas gastronomiques, cocktails, réel papier toilette et enjouées discussions avec les policiers. Nous, les 3 jours, au Japon, c’est la durée que l’on inflige aux nouveaux-nés dans les maternités, quand ils crient trop fort. Les adorables, mais bruyants, bébés restent 72 heures cloîtrés, sans visites de la maman ou du papa, sans couches, sans lait et sans soins pour les punir. Les puéricultrices, trop sentimentales pour notre système judiciaire post-natal, ont rechigné à le faire au début. Mais quand tu as coupé une ou deux têtes avec un sabre de samouraï, tranchant comme un rasoir, les tensions se dissipent très rapidement. T’as déjà entendu un japonais parler fort ou hurler dans le métro ? Tu comprends maintenant d’où vient cette légendaire discrétion de nos citoyens. La garde à vue japonaise est redoutée davantage que la peste, le choléra, Fukushima et le harakiri réunis. Il y a la mémoire pré-natale, mais la mémoire du nourrisson n’est pas une légende. Un bébé remarque quand son camarade de berceau a été enfermé 3 jours dans le noir complet. Donc oui, il faut dire pêche à la baleine et pêche au dauphin. Le terme chasse, ça fait trop cruel. Lors des pêches, le sang des captures est vite nettoyé par l’eau. Et puis, c’est plus mignon la pêche. Cela rappelle machinalement les balades avec le pépé ivre au saké, qui part se masturber en cachette dans la rivière, durant les vacances. J’en profite pour redire que les poissons ne ressentent pas de douleurs lorsqu’ils sont empalés vivants par les hameçons géants ou les harpons de 6 mètres de longueur. C’est dans le programme scolaire officiel, dès la maternelle”, explique un haut fonctionnaire nippon, en charge de la protection de la faune.

“Dans un périmètre de 500 kilomètres”

“Journaliste-san ! vous avez parlé de nos merveilleux paysages en début de votre article. Oui, c’est vrai que le Mont Fuji est formidable à contempler. Pareil pour nos campagnes et nos jardins lors de la floraison de printemps. Nous avons également des monuments grandioses et notre peuple est très accueillant. Mais évitez quand même de trop vous attarder près de Fukushima. Dans un périmètre de 500 kilomètres, n’y restez pas plus de 30 minutes. Sinon, vous allez commencer à vous gratter un peu partout. Fort heureusement, il y a un remède. Remède radical, je le concède volontiers, mais remède quand même. La technique, c’est d’arriver à arracher son derme supérieur dans les 30 secondes après contact avec les protons qui flottent dans l’air”, préconise un chercheur spécialisé en chirurgie-nucléaire, qui avait eu la négligence d’esprit de rester 31 minutes environ à 490 kilomètres de la mythique et nucléaire ville de Fukushima, lors d’un symposium organisé par les autorités sur les bienfaits de la radioactivité sur le corps humain.

“Verres de saké offerts pour chaque baleine capturée

“Quand je pense que mon crétin de pêcheur de mari paie une tournée au bar à chaque fois qu’il attrape un brochet de 1 mètre de long. Heureusement qu’on ne vit pas au Japon, sinon on serait dans la mouise financière. Imaginez le nombre de verres de saké offerts pour chaque baleine capturée”, analyse la sympathique épouse d’un pêcheur du dimanche, des vacances, des jours fériés, des jours de grève et des jours en arrêt maladie.

“Pas écrit FIFA sur nos fronts”

Alors que les négociations avec les hautes instances du CIO avaient été très rapides, le Japon s’est basé sur un minuscule article du règlement des jeux pour intégrer les disciplines relatives aux baleines et aux dauphins dans le programme des JO. Ainsi, la nation de Pikachu pourrait organiser les premières épreuves olympiques de pêche à la baleine et de pêche au dauphin de l’histoire des jeux. Les membres du Comité japonais olympique, conseillés par les puissants membres de la CBI, Commission baleinière internationale, se sont empressés de lancer les opérations de rénovation des voiliers de pêche sportive et autres baleiniers de compétition. “Certes, nous sommes puissants au CBI, mais nous nions tous liens avec les redoutables et redoutés yakuzas. Écris-le bien dans ton article. Je n’aimerais pas avoir à te dissoudre dans un onctueux mélange de soude et de sauce soja”, se désole un responsable du CBI. Les impressionnants baleiniers, géants des mers de plus 700 tonnes, avaient été construits pour les championnats du monde de pêche à la baleine. Célèbre compétition scientifico-sportive qui regroupe le Japon, la Russie, les États-Unis sous le drapeau de l’Alaska, le Danemark sous les couleurs des frileuses îles Féroé, la Norvège et l’Islande. “La pêche commerciale est strictement interdite. Cependant, la pêche à but scientifique est autorisée. Qui dit science dit recherche. Or, le sport est continuellement en recherche de records à battre et de captures de médailles. Nous en avons profité pour associer le sport à la science, indique un cadre du CBI, tout en déplorant le départ du Japon de sa commission. Les japonais veulent pêcher les baleines, sans contraintes, dans leurs eaux territoriales. C’est leur choix. Mais j’espère qu’ils participeront aux prochaines éditions des championnats du monde de la chasse à la baleine et de chasse aux furtifs dauphins”.

“Entraînement, rapidité et concentration”

“Harponner une baleine de 10 tonnes avec un 470 tout léger, c’est périlleux, je peux vous l’assurer. Le secret, c’est entraînement, rapidité et concentration. D’un minuscule coup de queue, le cétacé peut projeter ton embarcation à 300 mètres. Une autre astuce est de tenir la corde avec une main et la mâchoire, et avec l’autre main, tu tiens le harpon. Être pêcheur (chasseur, ndlr) de baleine, ce n’est pas facile. J’ai perdu 4 dents l’autre jour, lors d’un entraînement”, confie un skipper, triple champion du monde, tout en aiguisant son harpon de compétition avec de l’huile de dauphin.

“Haï, haï et haï !”

“Dès leur première demande, nous leur avons dit yé de manière catégorique. Nous pensions bien faire en leur répondant en japonais. En plus, en dehors des restaurants japonais, ce n’est pas tous les jours que nous avons la chance de parler la langue de Toriyama. En  japonais, yé veut dire non. Pas un non peut-être, mais un non catégorique. Nous avons oublié que cette foutue langue anglaise était l’une des langues officielles du Comité international olympique. Et comme yé signifie oui en anglais, donc on est dans la panade jusqu’au cou. Avec les filles, pour la drague, c’est plus efficace quand tu parles français. La langue française, c’est nettement plus romantique. D’où cet imbroglio olympique. Hors de question de céder à je ne sais quelles demandes farfelues ou inhumaines de chaque pays organisateur. Il n’y a pas écrit FIFA sur nos fronts. Nous défendons les valeurs olympiques, les sportifs, les travailleurs des chantiers de construction des infrastructures sportives, les baleines et les dauphins. L’important est de participer. Ce n’est pas uniquement valable pour les sportifs. Les ouvriers qui travaillent dans les chantiers doivent également participer en tant que spectateurs ou téléspectateurs devant leur télé. Et pour participer, il faut être bien évidemment vivant. Pareil pour les animaux aquatiques dotés de sensibilité. Ils doivent rester en vie pour voir les athlètes les prendre en photo durant les courses. Personne ne leur fera de mal. Qu’une baleine de Minke se chope une bosse après s’être cognée avec un multicoque de compétition lors d’une finale olympique, ça passe, mais qu’elle ne finisse pas en yakitori (brochette japonaise, ndlr), haï, haï et haï ! (non, non et non !, ndlr). A ce que je sache, les baleines sont des animaux légendaires et pas des garnitures pour sushis. Nous avons une éthique, une déontologie et une morale qui nous ont été inculquées par notre regretté Baron Pierre de Coubertin, paix à son âme olympique. Qu’il repose en sérénité dans le stade panathénaïque de l’au-delà. Plutôt me faire harakiri que d’accepter que d’innocentes baleines soient les victimes actrices de cet horrible massacre”, proclame un cadre du CIO, tout en dégustant un délicieux râmen, une soupe ancestrale japonaise.

“Des sardines à la place”

“Le CIO a dit yé, donc c’est yé ! l‘anglais est une langue officielle des JO, donc nous avons inscrits les pêches à la baleine et aux dauphins comme épreuves officielles olympiques. Au Japon, une parole est une parole. Hors de question de revenir en arrière, sinon on fera comme les chinois, on mettra de la vulgaire et bon marché sardine à la place du saumon ou du thon dans les sushis de tous nos restaurants japonais”, menace un membre japonais de l’organisation des JO Tokyo 2020, tout en recollant le pansement qui entoure l’emplacement vide causé par le découpage volontaire de son auriculaire lors d’un ancien emploi.

“Défendre ces stupides poissons”

Les athlètes nippons s’entraînent jusqu’à mars prochain dans la superbe baie d’Osaka lors de séances de pêche au dauphin. “Nous partirons avec un avantage certain sur nos concurrents. Notre chasse annuelle de Taiji a enfin servi à quelque chose. Vous auriez dû faire comme nous, organiser des pêches traditionnelles, au lieu de défendre ces stupides poissons”, suggère l’un des médaillés de la précédente édition de chasse culturelle au dauphin.

Hors de question

Les CIO a convoqué les membres du Comité d’organisation japonais des JO Tokyo 2020 à Lausanne, en Suisse, pour leur expliquer fermement que ces pêches sportives à la baleine et au dauphin n’auront pas lieu. “Hors de question de leur dire ça au Japon. Le goulag, c’est le Club Med à côté des gardes à vue japonaises”, évalue un membre du CIO, qui a logiquement préféré rester anonyme.

 

 

 

Crédit-photo : pxhere, cc0.

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