Les habitants de Trélissac organisent une cagnotte pour le “Coupe de France Project” de l’OM.

Lors du 32ème de finale de la Coupe de France, les marseillais ont sorti le petit, mais vaillant, club de Trélissac. Passé tout près de l’élimination, le club olympien est reparti content, tout en ne laissant pas la recette du match pour le club amateur, comme le veut pourtant la tradition de la Coupe aux minuscules oreilles.

L’Olympique de Marseille a réussi à se qualifier, dans la douleur, pour les 16es de finale de la Coupe de France. Il lui a fallu aller jusqu’aux tirs aux buts, remportés 4-2, pour se défaire des courageux joueurs du club de National 2 de Trélissac. Plus que le score, c’est le comportement de la direction de l’OM qui a étonné, voire choqué. D’ordinaire, les clubs de Ligue 1 laissent la recette du match aux clubs amateurs. “En 70 ans de métiers, je n’ai jamais vu ça. Même en 1946, juste après la guerre, les gros clubs donnaient de la nourriture aux petits clubs, quand les gens payaient leur billet de stade en nature, car ils n’avaient pas d’argent. Ils donnaient des poules, des œufs ou même du pain. Ce qu’a fait l’OM n’est pas digne de l’esprit de la Coupe de France”, s’offusque un arbitre amateur.

“Pas pour habitude de donner notre argent”

La Direction de l’Olympique de Marseille n’en démord pas. Selon elle, aucune tradition ne doit l’obliger à donner le moindre sou à un autre club, amateur ou riche. Elle a également souligné qu’elle participait à des programmes d’aide au football amateur, comme le “OM Next Generation“. “J’ai grandi aux USA. Dans notre patrie, nous n’avons pas pour habitude de donner notre argent, sans retour certain sur investissement, et encore moins aux pauvres. Je savais que la France était un pays communiste, mais pas à ce point”, confie Franck McCourt, depuis son jet privé.

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“Qu’on nous casse pas les couilles avec ce pognon, qui est le nôtre, après tout. Nous avons un Champions Project à mettre en place et ça coûte bonbon”, analyse un cadre financier de l’OM.

“Notre part des recettes ? Et mon cul, c’est des chicken nuggets ?”

Des joueurs marseillais ont tenté d’organiser une cagnotte, après le match, pour aider le petit club amateur de Trélissac, mais ils en ont été empêchés par la Direction de leur club. “Ce club doit fonctionner à la libérale. L’altruisme n’a aucune place dans le sport. Les ventes de billets ont rapporté près de 400.000 euros, avant déduction des frais d’organisation. Nous, ce déplacement nous a quand même coûté 65.000 euros. On a payé 65.000 euros pour être passé à côté de la trappe, à cause d’un club qui n’a même pas de stade, et même pas de car. Et on va leur laisser notre part des recettes ? Et mon cul, c’est des chicken nuggets ? Il ne faut pas rêver. Un club dont le médecin est vétérinaire de profession a failli nous éliminer. On a failli se taper la honte devant la planète soccer (football, ndlr). On donnera rien, point barre”, prévient un chargé de déontologie de l’OM.

“Ce qu’on a, on le partage

Face à cette situation, les 6.600 habitants de la charmante petite bourgade de Trélissac, située dans la verte Dordogne, ont organisé une cagnotte pour aider l’OM à bâtir son Champions Project, version Coupe de France. “Nous, les gens de la campagne, ce qu’on a, on le partage, même si on n’a pas beaucoup. Cela fait partie de nos valeurs. L’argent que je donne à l’OM, je comptais le donner pour la rénovation de notre vieux château de Trélissac. Mais vu l’état du club olympien, il en a davantage besoin, le pauvre. Cet OM me fait de la peine. Je n’y connais pas grand chose en foot. Mais je me demande si les choses se seraient déroulées de la même façon avec Monsieur Tapie”, questionne une retraitée trélissacoise.

 

 

Crédit-photo : pxhere, cc0.

 

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