Grèves des transports : les syndicats conseillent aux usagers d’investir dans un cheval pour aller au travail.

La grève géante du 5 décembre n’est qu’un “échantillon de ce qui attend les usagers dans les prochains mois”, selon les remontés syndicats de la SNCF et de la RATP. De quoi permettre à d’autres moyens de locomotion de faire apparaître le bout de leur naseau.

Face au désarroi des citoyens, obligés de marcher de longues heures ou de ne plus s’aérer à l’extérieur des jours entiers, en raison du télétravail, les représentants des fonctionnaires des transports ont “conseillé” aux salariés et patrons du privé d’investir dans des “moyens de locomotion alternatifs”, dont les chevaux et les charrettes, car leurs “patients clients ne sont pas prêts de mettre un orteil dans un wagon de train ou dans un bus” pendant très longtemps, tant que cette “put*** de réforme des retraites ne sera pas définitivement annulée”. Les syndicats de fonctionnaires mettent en avant “leur devoir d’information et de conseil”, signé au moment de leur embauche en qualité de fonctionnaire.

“On n’est pas rancuniers, nous”

“Ceux du privé nous jalousent nos retraites, mais on n’est pas rancuniers, nous. Nous serons toujours là pour eux, aussi longtemps qu’ils auront besoin de nous”, avertit un affable agent de la SNCF, qui est à 2 ans de sa retraite, du haut de ses 1m90 et de ses 34 ans.

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“Un cheval et un sulky pour aller plus vite”

A cause des embouteillages, j’ai plus vite fait d’aller à pied à mon boulot. Ca prend 4 heures, mais je n’avais pas le choix. Je ne prends plus ma trottinette. A cause du froid glacial, je dérape sur les plaques de verglas avec mon deux roues, à chaque fois. La voiture, ce n’est même pas la peine d’y penser. Entre les embouteillages et entre les gens qui essaient d’y monter de force pour ne pas rater un entretien d’embauche ou un rendez-vous chez un spécialiste médical, je l’ai laissée au garage. J’ai donc acheté un cheval et un sulky pour aller plus vite au taf. Vous savez, ce sont les attelages pour les chevaux qu’ils utilisent lors des courses de chevaux. Avec, je dépose ma femme à son bureau et ensuite, je vais à mon travail. Je coupe à travers champs, c’est plus rapide et aussi plus sûr. Là-bas, impossible de rencontrer des piétons qui voudront monter de force dans mon bahut tracté par le bourrin que j’ai acheté dans une animalerie. Je ne savais pas qu’ils en vendaient, mais uniquement sur commande. C’est clair qu’un canasson, ça prend plus de place qu’une connerie de petit toutou qui te suit partout comme un clebs ou bien un chat qui s’éloigne de toi et qui revient uniquement quand il a faim. Les chats, c’est d’un ingrat et d’un égoïsme. Un chat, c’est pire qu’un mec qui vote à droite, je l’ai toujours dit. En plus, à l’entretien, un cheval, c’est bien moins cher qu’une voiture”, recommande Benoît, un dynamique cadre supérieur.

“Prêts à payer le prix fort”

Des comme Benoît, ils sont de plus en plus nombreux à faire l’acquisition de destriers ou de canassons, selon le budget possédé. “Déjà, un truc très important. Les pur-sang, il ne faut même pas y rêver. Les riches mettent la main dessus, dès qu’ils sont petits. Entre cracks, ils se reconnaissent. C’est comme les loups. Un riche, rien qu’en touchant le ventre de la jument, il sait que le poulain, qu’il y a à l’intérieur, sera un crack ou non. Comme ils ont les moyens, ils prêts à payer le prix fort. Forcément, les éleveurs acceptent le pognon. Les éleveurs sont des agriculteurs aussi. Donc ils ne disent pas non au fric, ils ne peuvent pas se le permettre. Pour eux, impossible de spéculer ou même d’investir sur 2 ou 3 mois. Alors 335 jours, impossible d’impossible. C’est que c’est long la gestation chez les juments. T’as vu comme ils sont dans la dèche les agriculteurs ? C’est réel. Donc, moi, en stock, j’ai des demi-sang, et aussi des canassons quart-sang et huitième-sang, qui terminent en général derniers ou avant-derniers dans les courses de troisième zone. Ils ne finissent jamais derniers à Auteuil, Longchamps, Deauville ou Vincennes. Normal, les organisateurs les refusent systématiquement. Il me reste aussi des chevaux seixième-sang qui devaient partir à la boucherie d’une grande enseigne d’ameublement. Je les ai eu à bon prix. Mais si je n’arrive pas à les commercialiser, ils finiront en lasagnes, c’est obligé. Je ne pourrais, malheureusement, pas les garder indéfiniment dans mes écuries. J’arrive à peine à nourrir mes gosses”, se désole un agriculteur, éleveur et vendeur de chevaux.

“Pas touche, électoralement parlant”

Les services en charge des contraventions ont indiqué qu’il n’y aura pas de verbalisations sur les chevaux ou les engins tractés par les équidés, ânes et poneys compris. “Il y a bien un vieux décret parisien, datant de 1876, mais il y a prescription. Donc, c’est open-bar pour circuler à cheval à Paname. Entre le crottin et les émanations de particules de CO2 de ces saloperies de moteurs diesel, le choix est vite fait. Et puis, on ne veut pas d’emmerdes avec les bouffeurs de tofu (vegans, ndlr). Ils constituent quand même une grande partie de notre électorat. Eux et les bouffeurs de burgers à 90 euros le sandwich, sans les frites, c’est pas touche, électoralement parlant”, reconnaît un élu de la Ville de Paris, tout en ôtant des crins de son costume, avant d’aller à une réunion relative à l’élaboration de pistes équine dans Paris intra-muros.

 

Crédit-photo : pxhere, cc0.

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