Grève du 5 décembre : les salariés anti-concours de pulls de Noël en entreprise rejoignent le mouvement.

La géante et gênante, pour certains, grève du 5 décembre prochain compte un acteur supplémentaire de poids, en plus de ceux qui ont déjà confirmés leur présence.

La grève qui bloquera la France entière, durant “au moins plusieurs jours, minimum”, selon un syndicaliste très remonté contre la réforme des retraites qui sera mise en application dès le 1er janvier prochain, promet d’être spectaculaire. Dans un communiqué officiel, les salariés anti-concours de pulls de Noël dans les entreprises défileront aux côtés des fonctionnaires et des professions libérales. “Les travailleurs du privé en chient à cause de nous et ils feront grève avec nous, c’est magnifique. Ils n’en chient pas à cause de nous directement, mais à cause de nos retraites dorées. Ce sont quand même eux qui paient pour nous permettre de partir nous dorer la pilule au soleil à 40 balais. Et voilà, qu’ils vont défiler avec nous, sans être rancuniers. J’en ai presque les larmes aux yeux”, confie un fonctionnaire.

“Marre de chialer dans le parking de la boîte tous les soirs de décembre”

“De toute façon, il y aura grève des transports. Comme j’irai en retard au boulot, autant faire grève pour une cause qui me tienne à cœur et qui me touche de façon concrète. J’ai pas toutes mes années de retraite, donc je me fous de cette réforme libérale comme de mon premier CDI”, reconnaît un salarié. “J’irai manifester auprès de mes collègues, car on est contre cette connerie de concours de pulls de Noël, quitte à me prendre une rafale de LBD sur la tronche. Avant Noël, tous les ans, on a l’air de gros cons à travailler en gros pulls de toutes les couleurs. Ça suffit ! Ce n’est plus tenable psychologiquement ! On a fait semblant d’être contents durant des années, mais ce n’est plus possible. On en a marre de chialer dans le parking de la boîte tous les soirs de décembre. Ils mettent sur le site internet de la société nos photos sur lesquelles on est habillés en tricots avec les sapins, les flocons de neige, les sapins, les cerfs, des écureuils, les bonshommes de neige avec leur sourire à la con, les pingouins ou les cloches. Résultat, on passe pour des cloches devant la terre entière. Cela explique qu’on pleure tous les soirs dans nos bagnoles, après le boulot. A la maison, quand les enfants dorment, ma femme chiale aussi avec moi. Elle a de la peine pour moi. Mais elle me force à tenir bon et à retourner au boulot le lendemain. Quand t’as un crédit immobilier qui te tient par les parties (couilles, ndlr), comme un pitbull, tu ne peux pas faire la fine bouche”.

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“Très en colère contre ces confrontations textiles”

Même son de cloche de la part d’une responsable RH d’une multinationale française, également très en colère contre ces confrontations textiles. Selon elle, ses longues études, dont un doctorat, n’ont pas servi à “défiler en chandail avec des cerfs dessus”. Elle a, malgré elle, fait son shopping, comme à chaque mois de novembre, depuis son embauche. “Pour nous, les RH, c’est doublement plus difficile. Nous nous devons de donner l’exemple à tous les salariés, avec le sourire. Parfois, c’est très difficile, car nous devons approuver, sans rechigner et sans chialer, toutes les consignes de la direction, même les plus cruelles. Mais c’est notre métier. Parfois, on nous traite injustement de traîtres ou de mouchards pour le compte du patron, mais il faut bien bouffer. Mais là, avec ces pull-overs de 10 kilos, c’est plus possible. Déjà que le chauffage est à fond. Par conscience professionnelle, je ne dépose pas d’arrêt de travail, mais ce n’est pas l’envie qui m’en manque. Je ne veux pas être la première RH a déposer un arrêt maladie, mais je ne sais pas combien de temps je pourrai tenir”.

“Ces dégradants pulls avec des sapins dessinés dessus”

Les Prud’hommes préviennent qu’une très lourde amende, ainsi que sa colère s’abattront sur tout employeur qui infligera une sanction à ses salariés refusant de porter “ces dégradants pulls avec des sapins dessinés dessus, contraires à la dignité humaine”. “D’habitude, on défend les patrons et on ramène à la raison les salariés. Mais ces pulls colorés, avec des motifs hideux, sont un outrage à l’honorabilité humaine”, vocifère un membre du Conseil.

Les syndicats soutiennent également l’initiative des employés “humiliés” par ces déguisements. “Émotionnellement et humainement, cette concurrence de pulls est insoutenable, comme toute concurrence, soit dit en passant, sacré nom d’un spéculateur. Karl Marx nous avait pourtant prévenu. Cette tradition textile est issue du terrible et asservissant capitalisme financier US de Wall Street, c’est pas étonnant. C’est pas humain”, analyse un responsable syndical d’une start-up parisienne.

“Ils mettront leurs put***s de tricots de Noël de gré ou de force”

Le puissant Medef n’a pas encore communiqué sur le sujet. “Ces connards (les salariés, ndlr) nous font ça alors que l’un des nôtres (Emmanuel Macron, ndlr) est au pouvoir, quel culot ! En plus, ces enflures (les salariés, ndlr) oublient qu’ils vivent grâce aux salaires que nous leur accordons par charité financière. Les ingrats ! Ces enfoirés (salariés, ndlr) nous cherchent ? Ils vont nous trouver. Ils vont voir de quel bois on se chauffe, sacré nom d’une avancée sociale. Ces petits cons (les salariés, ndlr) mettront leurs put***s de tricots de Noël, de gré ou de force, sinon c‘est le placard direct, sans préavis. On en a démotivé pour moins que ça”, confie un cadre du mouvement des très grands patrons.

 

Crédit-photo : Annalise Batista, Pixabay.

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