Coronavirus – Parisiens qui fuient la capitale : un gigantesque réseau de passeurs démantelé.

Voulant à tout prix fuir l’infectée capitale, nombreux sont les parisiens qui font appel à des réseaux de passeurs pour passer en province. Témoignages.

Alors qu’ils faisaient encore la fête la veille, dehors, à coups de bises et de hugs, les accolades inoffensives hors périodes d’épidémies, au détriment de toutes les règles sanitaires sensées et élémentaires, des dizaines de milliers de parisiens, et de provinciaux installés dans la capitale, prennent tous les risques pour s’éloigner de la capitale.

“Structurés comme des start-ups”

“Le reporter de lepigramme.fr !, me hèle un parisien sous le coup de la frayeur et de la détresse. Si tu connais quelqu’un qui peut me faire passer en province, je suis prêt à donner ma télé QLED qui vaut 15.000 euros, ma montre et mes codes Netflix et Amazon Prime Video, à vie”.

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En plus de proposer objets de valeurs, pécuniaires ou sentimentales, les habitants de Paris intra-muros s’adressent également à des réseaux illégaux, mais structurés comme des start-ups, de passeurs.

“Fuir au risque de contaminer les patelins qui ne le sont pas encore”

“Il y en a un, il m’a proposé sa femme pour l’emmener en province. Je n’ai pas voulu. Avec mes balafres, on dirait pas, mais j’ai des principes. En plus, les femmes, ce n’est pas mon domaine d’activité. Mon cousin, oui, mais pas moi. Je ne fais que transporter des clandestins. Les tarifs ? C’est à la tête du client. Les parisiens paient plus cher. Les provinciaux, moins. Des parisiens ont essayé de se faire passer pour des gens de province, mais je les repère tout de suite. La technique ?, facile. Ils parlent très vite et ils ne disent jamais bonjour. Même quand ils posent une question, on dirait que c’est un ordre. Bon, c’est pas tout ça, mais je dois y aller. Arrête avec tes questions ! J’ai envie de frapper personne aujourd’hui, en plus, tu as l’air gentil. Bon, ok. Tu veux savoir quoi ? Oui, ils me paient avant, je les dépose et adieu. Ou au revoir, quand ils se font choper. Allez, casse-toi, j’ai un camion rempli de parisiens à aller déposer. Il me reste une place. Tu veux fuir, au risque de contaminer les patelins qui ne le sont pas encore, ou tu préfères risquer de crever ici, à Paris ?”, me demande gentiment un passeur de parisiens, qui a délaissé son activité de logistique spécialisée en migrants entrants dans l’espace Schengen pour le transport Paris-Province, bien plus lucratif en cette période d’épidémie pandémique.

“Ils se sont faits dessus, ces cons”

Les autorités ont démantelé un important réseau de passeurs, aujourd’hui. “On a eu du flair, comme toujours. On faisait un test en vue du confinement de demain. On faisait un test grandeur nature à Paris. Oui, je sais : nature et Paris, c’est contradictoire. Donc, on faisait un test. Mais des senteurs de parfums de marque nous ont parues suspectes, lorsqu’une camionnette est passée devant notre barrage, à Porte de Bagnolet. Sur la camionnette, il y avait un autocollant de marque d’engrais. Quand on a ouvert les portières arrières, on a trouvé une vingtaine de parisiens dedans. Quand ils nous ont vus, ça sentait plus le parfum de luxe. Normal, ils se sont faits dessus, ces cons. Ils ont eu droit à un demi-tour, aller simple, vers le centre de la capitale. Ces petits cons n’avaient pas de papiers sur eux, mais ça se reconnaît à 300 mètres un parigot. Leur air de ‘Moi, je sais tout’ ou leur regard hautain, peut-être. En tout cas, ils veulent partir. Il y en a même eu un qui a voulu me donner sa femme si je le laissais passer (rire). Bien évidemment, j’ai refusé. Je viens de divorcer. C’est pas pour retomber dans le piège d’avoir une gonzesse dans les pattes, tout de suite après”, explique avec logique un officier.

 

Crédit-photo : pxhere, cc0.

 

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