Fin des cigarettes au menthol : jeunes et moins jeunes fumeurs se rabattent sur le cannabis et le poppers.

Depuis ce mercredi, la vente de cigarettes au menthol est interdite en France et dans toute l’Union européenne. Coïncidence ou effet pervers, les férus de saveurs mentholées se sont repliés vers le haschich et ses dérivés, ainsi que vers le relaxo-euphorisant poppers.

Les cigarettes aromatisées n’ont plus droit de cité en France et en Europe. Depuis 2016, les clopes goût fraise, kiwi, chocolat, vanille, speculoos, Malabar, Dragibus, M&M’s, Oréo, Daim, Kit Kat, Twix, Bounty, rhum, tequila et, depuis hier mercredi, menthol, ne sont plus proposées à la vente par les altruistes buralistes. “Bientôt, le gouvernement va interdire les cigarettes au tabac. Je dis ça en blaguant, mais ça me fait pas rigoler du tout. Si ça continue, je me recyclerai en dealer de haschich et on n’en parle plus. Si les ronds-de-cuir de Paris, Strasbourg et Bruxelles veulent que je ferme boutique pour dealer au coin de ma rue, qu’ils me le disent directement, conseille un buraliste. Même avec les journaux, les magazines, les flacons de poppers et les comptes bancaires Nickel que je vend, j’arrive à peine à payer mes nombreuses charges.”

“Les poumons en feu à chaque bouffée”

Les cigarettes aromatisées favorisant l’initiation au tabac, essentiellement chez les jeunes, selon des études scientifiques, elles sont à présent interdites à la vente. “En plus, le menthol provoque une paralysie des récepteurs nicotiniques, ainsi qu’une baisse des sensations d’irritation des poumons. Comme t’as pas les poumons en feu à chaque bouffée, donc tu tires davantage dans ta clope. Avec ces foutues menthol, tu ne te rends pas compte que le tabac te bousille les bronches. Tu comprends maintenant pourquoi l’UE a décidé d’interdire les cigarettes au menthol. Les parlementaires non-fumeurs de Bruxelles s’époumonent depuis 2014 à le dire et à le répéter”, fait savoir un pneumologue, tout en rechargeant sa e-cigarette.

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“Ça me rappellera ma jeunesse”

Fait inédit dans la longue histoire de la drogue, les 8% de fumeurs de cigarettes au menthol se replient sur le cannabis et le poppers. “Personnellement, j’avais entendu parler du pampers (poppers, ndlr). Mes gosses me demandaient tout le temps de l’argent pour en acheter. Je croyais que c’était des friandises. Il faut dire que le nom poppers est plutôt mignon, ça inspire confiance. Celui qui a inventé ce nom mérite un prix marketing. Donc, je ne connaissais que de nom. Mais avec l’interdiction d’acheter des clopes au menthol, je me rabattrai sur le poppers et également sur le haschich. Ça me rappellera ma jeunesse”, se désole un cinquantenaire.

“4 ans pour arrêter le chichon”

Les jeunes sont également dépités par cette interdiction. “Purée ! C’est sûr que mes parents vont mal le prendre. Mais cette fois, ça ne sera pas de ma faute quand mon daron et ma daronne m’engueuleront. J’avais quand même mis 4 ans pour arrêter le chichon (haschich, ndlr). Je ne dis pas merci à ceux du gouvernement, ni à l’UE d’avoir interdit les cigarettes menthol“, explique un étudiant en droit.

“Frimer devant la galerie”

Même son de cloche chez nos vaillants policiers. “L’interdiction du menthol part d’une bonne intention, certes, mais ça se voit que ce ne sont pas les parlementaires de l’UE ou de Paris qui sont sur le terrain à se ramasser des obus de mortier quand on fait les rondes de nuit ou même de jour. C’est très bien de pondre des lois, c’est leur boulot aux élus de France et du Parlement européen, oui. Mais ça serait bien qu’on nous demande notre avis. Résultat de tout ça, comme à chaque fois, les forces de l’ordre se trimballent les conséquences de leurs décrets et lois à la noix. Nous sommes à bout. Être policier, c’est très dur. Dans certains quartiers de banlieue ou dans des arrondissements de Paris, Lyon ou Marseille, les dealers sont mieux équipés que nous. Ils ont des bagnoles plus puissantes que les nôtres, des armes plus lourdes que les nôtres et ils ont même des brouilleurs de téléphones portables. Nous, faute de budget, on se coltine encore les brouilleurs de Minitel des années 80. On les emmène avec nous, quand on fait des descentes chez des dealers, mais c’est juste pour la forme. De toute façon, c’est dans notre règlement, mais ils n’ont pas pensé à le modifier”, confie un surmené policier.

“Goût Madeleine de Proust”

“Oh ! Nous aussi, on est là ! Pourquoi les gens nous oublient toujours quand ils parlent de cigarettes ? On ne vend pas des accessoires qui servent uniquement à frimer devant la galerie. Écris-le dans ton article pour lepigramme.fr que je propose plus de 900 saveurs différentes dans mon magasin : sucré, salé, amer, acide, umami, mentholé, épicé, âpre, aigre-doux et bien d’autres fumets. En exclusivité, je commercialise l’e-cigarette goût Madeleine de Proust. On vise le segment des nostalgiques avec nos madeleines”, explique, avec fierté managériale, le gérant d’une boutique de vente de cigarettes électroniques.

 

Crédit- photo : pxhere, cc0.

 

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