L’écriture inclusive provoque une vague de synesthésie lexicale → gustative (emmêlement des sens) selon une étude.

Mise en place depuis près d’un an, les premiers effets secondaires de l’écriture inclusive voient leur apparition chez les lecteurs, en plus de la confusion lexicale, tous âges et toutes catégories socio-professionnelles confondus, selon une étude.

Avec l’objectif, à juste titre, d’assurer une égalité entre les sexes, l’écriture inclusive a provoqué des centaines de cas de synesthésie, majoritairement lexicale → gustative, mais pas seulement, qui se caractérise par un enchevêtrement des sens mêlant lecture et goût. Jusqu’ici phénomène neurologique rare, de plus en plus de cas font leur apparition, au grand dam des défenseurs.euses de l’équité orthographique. “Je travaille dans l’imprimerie. Quand je lis le mot ‘rouge’, j’ai un goût de cerise dans la bouche. Tu me diras : c’est pas bien grave. Il y a pire dans la vie. Mais quand je lis les mots ‘couleur caca d’oie’, je te laisse deviner la saveur que j’ai sur la langue”, me convie un sympathique quarantenaire. Un critique gastronomique confie : “J’ai écrit un article où j’avais précisé que la côte de bœuf, de je ne sais plus quel restaurant, était plate. Plate comme la forme géométrique. Heureusement que la chargée de relecture m’a appelé juste avant l’impression du journal, sinon le chef cuistot du resto où j’avais été mangé m’aurait transformé en confis.”

“La voix de Christine Angot dans une oreille et celle de Houellebecq dans l’autre…”

Ainsi, les synesthètes, personnes souffrant de synesthésie, associent des sens sans lien apparent. Bien que dotés d’une mémoire supérieure à la moyenne, ils mêlent des termes qui n’ont aucune corrélation. Cependant, les synesthètes ne se disent pas gênés par ces symptômes.

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“Moi, quand j’ai lu le terme auteurs-rices, j’ai senti une forte chaleur dans mon crâne. Pour la première fois de ma vie, j’ai eu une sorte de décharge électrique dans la caboche. Ne le répète pas, mais même le coup de foudre avec ma moitié ne m’avait pas fait cet effet. Le radiologue m’a dit que c’étaient les neurones qui étaient en surchauffe quand j’ai lu en écriture inclusive. Mes connexions neuronales en survoltage : tu les sens, et pas qu’un peu. Là, à chaque fois je lis le terme ‘auteur.rice’ : j’entends la voix de Christine Angot dans une oreille et celle de Michel Houellebecq dans l’autre”, indique un trentenaire. “Moi, dès que je lis un mot contenant les lettres R, A et P : je me mets à chanter du rap, allez comprendre. Ça fait marrer mes collègues. Mais quand tu fais un discours devant une assemblée de 5.000 actionnaires : ça ne les fait pas rire du tout. Surtout quand j’ai chanté la chanson Tchoin ou 92i Veyron (chansons des rappeurs Kaaris et Booba, ndlr)”, rapporte le dirigeant d’une multinationale.

“Une véritable torture, cette lecture inclusive de mes deux”

Mais chose imprévue, le nombre de cas de synesthésie a été multiplié par 1.000 depuis l’instauration, par décret, de l’écriture inclusive. Le lien a été confirmé par des chercheurs qui ont effectué des tests sur plus de 1.353 volontaires. Dévoreurs.euses de romans, grignoteurs.euses de nouvelles, déchiffreurs.euses de presse ou survoleurs.euses nonchalant.e.s de sites internet : tous les lectorats peuvent être impactés par ce phénomène inédit dans toute l’histoire de la graphie. “C’est une véritable torture, cette lecture inclusive de mes deux, analyse une fervente lectrice, accessoirement présidente d’une association féministe. J’ai le cerveau en ébullition à chaque put*** de leurs mots comme acteur.rice.s, consommateur.rice.s ou acheteur.euse.s. Ce ne sont plus des cellules nerveuses que j’ai dans mon cortex cérébral : ce sont des atomes d’uranium tout droit sortis d’une centrale nucléaire. J’aurais préféré que les gens accordent plus d’efforts pour l’égalité des salaires homme-femme. A travail égal, une gonzesse gagne moins qu’un connard, uniquement grâce à ses burnes. Nous aussi, on a des burnes, et plus grosses que les leurs ! Mais on ne se laissera pas faire. On va leur montrer à ces misogynes de mes deux qu’on en a dans la culotte !”

“T’auras plus vite fait de lire ‘A la recherche du temps perdu’ en morse”

“Avant cette vague de synesthésie, j’étais à deux doigts de la banqueroute. Avec la concurrence des youtubeurs.euses et des instagrameurs.euses qui prodiguent conseils sur conseils, gratos en plus, mes clients sont partie vers cette concurrence déloyale. Un divan hors de prix, mais vide. Il est fait de cuir véritable, mais avec personne allongé dessus, c’est un comble ! Heureusement, les personnes souffrant de synesthésie accourent, affolées, dans mon cabinet, explique un psychiatre. Je ne les vois qu’une fois, car ce n’est pas un problème psychiatrique. Je les rassure en leur expliquant que tout tourne à merveille dans leur tête. Au Moyen Age, par contre, c’était direction le cachot, pour les synesthètes, car les gens pensaient qu’ils étaient possédés par le démon. Les choses ont changé, fort heureusement. Je tiens à remercier l’écriture inclusive, car, grâce à elle, j’ai payé mon crédit immobilier cash, sans attendre les 10 ans d’annuités qu’il me restait.”

L’un des chercheur.euse.s nous éclaire : “L’écriture inclusive : c’est un bordel sans nom pour certain.e.s et une solution pour d’autres. Je comprends la sensation émotionnellement complexe et ardue dans laquelle se trouvent les gens qui lisent un texte en écriture inclusive. Toutes les zones du cerveau sont activées à plein régime. T’auras plus vite fait de lire ‘A la recherche du temps perdu’ en morse, plutôt qu’un roman de 300 pages en écriture inclusive. Décoder Enigma, à côté, c’est un puzzle niveau maternelle”, déchiffre le spécialiste.

“Les raclures !”

Les défenseurs.euses de l’écriture inclusive n’en démordent pas. Selon eux et elles, “les femmes n’en n’ont pas chier depuis 2,4 millions d’années pour continuer à se laisser faire”, explique une altruiste féministe, tout en malaxant une balle antistress. Elle ajoute : “Les ingrats ! On passe notre temps à leur faire de très bons petits plats, à faire le ménage, à repasser leurs chemises à la con, à s’occuper des mioches et à les écouter chialer quand leur équipe de foot perd, et c’est comme ça qu’ils nous remercient ? Les raclures ! A toujours nous les briser quand on leur quémande une avancée pour le droit des femmes. Ils vont voir de quel bois on se chauffe. Ils ne savent pas à qui ils ont affaire, les couilles molles qui se sentent pousser des burnes quand ils nous rabaissent, nous les patientes femmes. Mais notre patience à des limites.”

 

Crédit-photo : pxhere, cc0.

 

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