“Les Misérables” : les smicards, les urgentistes, les chômeurs, les retraités et les étudiants demandent à Ladj Ly de faire un film sur eux pour le montrer à Macron.

Le film “Les Misérables” du talentueux réalisateur Ladj Ly a davantage fait pour les banlieues que les milliers de réunions, qui ont coûté un pognon de dingue, des observatoires et groupes d’études. A tel point que le cinéaste croule sous les demandes de tournage. Explications.

Publié le 25.11.2019 – 12h34. Mises à jour : 13h38 – 14h57 – 15h25.

 

Un salarié du mythique magazine Paris Match n’est pas étonné de la prise de conscience provoquée par le film de Ladj Ly. “Bande de crétins ! On vous le dit et on le répète depuis 1839 (création de la photographie, ndlr) : le poids des mots, le choc des photos. Avec une seule photo ou une seule image, on dit la même chose, et même davantage, qu’un rapport dactylographié de 800 pages, bande de connards. De toute façon, les photographes, personne ne les calcule, bande d’enfoirés !”, indique un opérateur du labo photo de Paris Match, en charge du développement des pellicules.

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Impossible de le changer

La production cinématographique “Les Misérables” a poussé le Président de la République a se pencher sur les nombreux problèmes qui existent dans les banlieues des villes françaises. Emmanuel Macron avait révélé que le film de Ladj Ly l’avait “bouleversé par la justesse“. “Il a cru que c’était un documentaire au début. Il a failli zapper, ce con. Mais quand il a su que c’était un film, il l’a vu jusqu’à la fin”, explique le chargé du cinématographe de l’Élysée, en parlant du responsable du secrétariat des films et séries du Palais présidentiel qui est en charge de la sélection officielle de l’Élysée. “C’est Pompidou qui avait créé le secrétariat des films et des séries. On est obligés de ‘demastériser‘ les films de l’IMAX au super8. Obligé, on travaille avec du matériel très ancien, datant du siècle dernier. Impossible de le changer, sinon la Cour des comptes va encore nous gueuler dessus. Et quand ils gueulent, ça dure des heures et des heures, voire des jours. Le pire, on ne peut même pas éviter leurs appels, car ils se déplacent directement. Ils ont les clés, en plus. Ils sont pires que les huissiers”.

“Ly doit changer le titre de son documentaire”

“Le titre du film de Ladj est discriminatoire et injurieux. On n’est pas tous des misérables en banlieue. Moi, par exemple, je gagne près de 600.000 euros par mois. Wesh, j’ai la gueule d’un misérable ? Monsieur Ly doit changer le titre de son documentaire (film, ndlr)“, demande un grand trafiquant de drogue.

Non, ce n’est plus vivable

Mais tous les habitants des cités ne sont pas de cet avis. Ils remercient le réalisateur d’avoir mis en lumière les difficultés qu’ils rencontrent chaque jour. Les personnes honnêtes et travailleuses espèrent un changement. “J’en peux plus de l’odeur du shit dans tout l’immeuble. J’ai beau calfeutrer ma porte d’entrer et toutes mes fenêtres, la fumée rentre, jusqu’à la chambre des gosses. Au moins, j’ai pas à leur chanter de berceuses. Ils dorment direct le soir, mais quand même !“, se plaint une habitante d’une banlieue dite dangereuse, où sévit le trafic de drogues douces à usage récréatif. Même son de cloche de la part des retraités.Y’en a marre, sacré nom d’une CSG sur les retraites ! Y’a plus de commerces, y’a plus de cinéma, y’a même plus de commissariat, ni même de médecin. Pour acheter mes médicaments, je suis obligé d’envoyer l’ordonnance du toubib et ma carte vitale à ma fille qui habite en Dordogne. Je précise que je crèche en banlieue parisienne. Elle m’envoie mes put***s de médocs par la poste. Et comme y’a plus de bureau de poste dans notre cité, je demande à mes petits-enfants, qui vivent à Tours de venir me les apporter. Non, ce n’est plus vivable, ici. C’est très difficile. J’espère que le petit garnement sur qui tout le monde gueule (Macron, ndlr) va y remédier”, espère un retraité, qui a été obligé de descendre une quarantaine d’étages à pied pour m’ouvrir la porte de la tour de 60 étages, étant donné que l’interphone ne marche plus, car ses fils étaient reliés à l’installation des ascenseurs, également en panne depuis des années.

C’est injuste !”

“Certes, nous n’étions pas descendus de nos véhicules, mais nous avions étudié les problèmes des ghettos. Nous avions quand même traversé, à l’aube, plusieurs quartiers difficiles. Mais je rassure mes proches, nous roulions à plus de 60 km/h, par sécurité. Un kidnapping est malheureusement vite arrivé. Parlementaire n’est pas synonyme d’aventurier. Il ne faut pas exagérer non plus. Cependant, nous nous sommes penchés sur le sujet de manière sérieuse. Et voilà que maintenant, avec ce petit film, tout le monde a oublié notre travail. Une dizaine de minutes de rédaction mises à la poubelle, pour rien. C’est injuste !“, s’offusque un parlementaire, en charge d’un groupe d’étude sur les banlieues, il y a quelques années.

“Même un clip avec du rap en fond sonore, on prend”

Face au succès des Misérables, de nombreux citoyens ont demandé, officiellement, au réalisateur Ladj Ly de faire un film sur leurs conditions de vie ou de travail. Ainsi, les smicards, les ouvriers, les enseignants, les lycéens, les handicapés, les invalides, les personnes souffrant de pathologies psychologiques, les artisans, les chefs d’entreprises, les Gilets jaunes, les urgentistes, les infirmiers, les ambulanciers, les chômeurs, les retraités, les étudiants, les femmes battues, les agents de la RATP, les cheminots de la SNCF, les taxis, les femmes voilées, les femmes qui sont obligées de mettre le voile et qui n’en veulent plus, les femmes qui veulent porter des mini-jupes sans se faire harceler, les ouvriers au chômage de Whirlpool, les riches, les très riches, les encore plus riches, les pauvres, les SDF, la classe moyenne, les maires, les policiers, les CRS, les gendarmes, les agents de la BAC, les agents des douanes, les salariés d’Air France et ceux de compagnies low-cost, les camionneurs, les féministes, les pro-avortements, les anti-avortements les VTC, les livreurs et des dizaines de professions du public ou du privé veulent que le doué cinéaste tourne un film sur leurs difficultés. “Que monsieur Ly fasse un court-métrage ou un long-métrage, on s’en fout. L’important, c’est que le Macron le visionne. Même un clip avec du rap en fond sonore, on prend”, fait savoir un artisan, accessoirement retraité et en recherche d’emploi, pour augmenter ses très faibles revenus. “T’appelles ça des revenus, ce que je touche chaque mois ? Un peu de décence, petit couillon. J’ai 90 ans, mais j’en ai maté des plus costauds que toi, petit connard de lepigramme.fr de mon fion !“.

“On préfère tout gérer nous-mêmes”

Seule une catégorie de personnes ne veut pas de film sur ses conditions. “Nous avons nos propres films, réalisés sans financement public. On préfère tout gérer nous-mêmes. Nous avons nos réalisateurs, nos acteurs, nos figurants, nos techniciens et nos sociétés de production. Pour la diffusion, il y a internet. Ah internet (soupir hallal) ! La plus belle invention créée par ces mécréants de chiens d’infidèles”, précise un islamiste, tout en déballant une caméra dernier cri, envoyée par un état du Moyen-Orient, sous les yeux hagards de son pit-bull.

 

Les Misérables – Bande annonce.
 Source : Youtube.

 

Crédit-photo : pxhere, cc0.

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