Déconfinement – 11 mai : le ministère des Transports fait appel à des éleveurs de bétail pour réguler les flux de voyageurs dans les métros et RER.

Les usagers des transports en commun attendent avec impatience la médiatique date du 11 mai pour pouvoir reprendre leur travail. Cependant, cet enthousiasme est quelque peu flétri en raison des appréhensions des régies en charge des métros, des bus et des RER. Explications.

Métro-boulot-apéro-dodo, voilà en résumé le programme post-11 mai concocté par les usagers qui ont hâte d’être au déconfinement national, conséquence de l’imprévue et indocile épidémie de Coronavirus qui touche le monde. “J’ai surtout hâte de retrouver ma fiche de paie non-amputée de 20%. Le chômage partiel, c’est très bien, mais pas quand ça dure trop longtemps. Les salariés d’autres pays nous envient notre chômage partiel, mais ils ne devraient pas. Je ne souhaite à personne d’être payé 20% de moins du jour au lendemain, sauf à mon pire ennemi (son collègue Florent qui le dévalorise à son travail, ndlr)”, analyse un salarié.

“Prêts à tabasser père et mère pour ne pas arriver en retard”

Face aux foules prévues sur les quais et dans les rames de métro et de RER, le diligent ministère des Transports va faire appel à des éleveurs de bétail pour aider la RATP et la SNCF à réguler les flux monstres de voyageurs prévus dès le 11 mai à l’aube. “Dans nos équipes, nous avons des petits génies en statistiques. Ils nous ont préparé des dizaines de rapports avec des données exactes sur la manière de répartir les usagers. La théorie, c’est très bien, mais cela ne sera pas suffisant face à des usagers qui seraient prêts à tabasser père et mère pour ne pas arriver en retard à leur boulot. Un salarié, ça a davantage peur de son patron que de ses parents. J’avais lu ça dans une parution de l’INSEE ou de la SOFRES, je ne m’en rappelle plus, mais je l’ai lu. Les éleveurs de bétail sont plus aguerris à ce genre de choses », assure un cadre de la SNCF.

Publicité
Booking.com

“Il y aura ‘Ballon d’rouge’, mon chien de troupeau”

Les éleveurs sont ravis de voir leur savoir-faire être “enfin reconnu par les rond-de-cuir de la capitale”.

“J’ai jamais fait ça, mais j’ai dit oui. Je travaille 16 heures par jour et je gagne trois fois rien. Quand tu trimes comme un âne et que t’as même pas de quoi payer tes charges, tu ne peux pas refuser de boulot. J’ai cherché dans mes cours d’agronomie, mais j’ai pas trouvé de cours relatifs à ce genre de mission. Je vais improviser. En plus, quand tu arrives à dompter un taureau en rut de 2 tonnes, c’est pas des parisiens qui vont t’impressionner. Et puis, il y aura ‘Ballon d’rouge’, mon chien de troupeau. Il a pas de diplômes, mais il est aussi fortiche qu’un psy pour lire dans la tête des gens. Quand je vais vendre mes bêtes, c’est lui qui me prévient, en tapotant mon pied avec sa patte, quand un acheteur de la grande distribution veut me la faire à l’envers“, explique un sympathique éleveur de 32 ans, mais qui en paraît 70 par manque de sommeil.

“Des bousculades sans merci”

“Il faut savoir que le mécanisme de pensée d’un usager des transports en commun et de celui du bétail est similaire à 99%. Ce n’est pas par hasard si les animaux sont doués de sensibilité. Ils possèdent aussi l’agressivité inhérente à l’instinct de survie, face à des dangers pouvant nuire à leur vie. Dans le cas des usagers, le danger est d’arriver en retard au boulot. Ce n’est pas négligeable. Un individu qui se retrouve, du jour au lendemain, à Pôle Emploi, après être passé par les joies du salariat, verra le lobe pariétal de son cerveau fortement impacté. Oui, en effet, c’est la même zone que pour les douleurs. Donc, Coronavirus ou pas, il faudra s’attendre à des bousculades sans merci pour tenter de prendre un métro ou un RER. Les attroupements seront dignes de ceux en périodes de soldes. Les spécialistes en bétaillères ne seront pas de trop lors du capharnaüm prévu à partir du 11 mai prochain. Il faudra s’attendre à ce que les usagers du métro, du bus et du RER se comportent comme des bœufs, avec tout le respect que j’ai pour les bovins”, psychanalyse un éminent expert en sciences du comportement humain.

 

Crédit-photo : pxhere, cc0.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lepigramme.fr