Le Covid Festival de Nice a fait le plein avec 5.000 spectateurs sans masques de protection et sans la vitale distance physique.

Sur la très sélecte Promenade des Anglais, le DJ niçois The Avener a réuni près de 5.000 personnes lors du Covid Festival, sponsorisé par les respirateurs Oxygen Power Ultra Boost.

Auparavant appelé “Summer DJ Nice”, l’événement a été renommé Covid Festival pour rester en phase avec l’actualité sanitaire du moment.

“Que les réfractaires à la joie de vivre ne viennent pas râler”

“Toutes les consignes réglementaires ont été respectées. Il n’y a pas eu plus de 5.000 personnes et des pancartes ont été placées un peu partout pour informer les festivaliers des gestes ‘barrière’ à faire pour ne pas être contaminé par le Coronavirus. Certes, un mec bourré n’écoute pas le quart du dixième de ce que tu lui dis, mais que les réfractaires à la joie de vivre ne viennent pas râler. Les conseils, quand t’es ivre comme un pilier de bar : tu n’aimes pas ça, tu t’en fiches, c’est scientifique. J’ajoute aussi que deux personnes qui galochent durant un festival, c’est impossible à séparer. Quand les festivaliers sont sous extasy : ils n’hésitent pas à te mordre. Mes morsures aux mollets, je les ai eues comment d’après toi ? Avant de travailler au département municipal de la culture, je ne savais pas que les drogues rendaient les gens sentimentaux. Mais je le répète, nous avons respecté la réglementation. En plus, nous avons reporté de 8 jours notre Covid festival. Nous avons également permis la création de 30 emplois lors de cette soirée. Ils ont tous été engagés en intérim pour la soirée, mais ça compte aussi”, tient à faire savoir un élu municipal, avant de me montrer fièrement son tatouage au cou du Professeur Raoult.

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“Nous sommes très empathiques…”

Les spectateurs, bridés par le confinement, s’en sont donné à cœur joie. Toute la nuit, ils ont dansé aux rythmes Electro House du talentueux DJ The Avener qui a majestueusement manié ses platines d’une main de maître, du haut de la Tour Bellanda. “Moi, il n’y a que mes parents qui peuvent me donner des ordres. Normal, ils sont blindés comme pas possible, ces enflures. C’est grâce à eux que j’ai pu m’inscrire à une école de commerce qui coûte la peau des fesses. Les conseils des virologues : je m’en fiche comme de mon premier billet de 500 euros d’argent de poche. Que les défenseurs des gestes ‘barrière’ ne nous traitent pas d’enfants gâtés qui n’en font qu’à leur tête”, philosophe un festivalier.

Les personnels soignants sont au bord de la dépression. Ils ne comprennent pas “la nonchalance face au Coronavirus” des élus, des organisateurs, Virgin Radio et la Ville de Nice, et des spectateurs qui ont réalisé cet exploit d’affronter le Covid-19, “digne d’un événement parrainé par Trump”, selon un virologue. “J’espère que le personnel soignant a fait le plein de sommeil et de vitamines. Après un festival comme celui-ci, d’ici une quinzaine de jours : ils ne vont pas fermer l’œil de la nuit, les pauvres. J’espère aussi que la mairie de Nice a commandé des respirateurs et des dosettes de café, car les hôpitaux de la ville en auront grand besoin, prédit, en larmes, un fonctionnaire du ministère de la Santé et des Solidarités. Désolé de chialer comme une madeleine, mais nous sommes très empathiques au ministère.”

 

Crédit-photo : pxhere, cc0.

 

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