Écologie : une Avenue et une Place Greta Thunberg aux États-Unis et en Chine pour la “remercier de ne pas avoir porté plainte contre eux”.

Publié le 28.10.2019 – 23h58. Mis à jour : 29.10.2019 – 12h41.

Adulée par plusieurs millions de personnes et critiquée par des milliers d’autres, le phénomène Greta Thunberg déchaîne les passions écologiques. Après avoir fait la grève de l’école et s’être lancée dans une titanesque croisade contre la pollution, la jeune militante est devenue une icône mondiale, au point que deux nations phare de l’industrie et des traités pro-pollution lui rendent un superbe hommage, aussi prestigieux que surprenant.

Greta Thunberg a, en quelques mois seulement, propagé son message de sensibilisation à l’écologie et d’alerte contre la pollution à travers toute la planète de “manière époustouflante”, selon le community manager d’un grand et pollueur groupe industrielle, dont les machines fonctionnent encore au charbon. De conférences en congrès, d’interviews en traversées de l’océan, elle a incité des millions de personnes, essentiellement les 3-15 ans, à faire en sorte de davantage protéger l’environnement. “A partir de 16 ans, les hormones des ados prennent le dessus. Ils se désintéressent, peu à peu, mais heureusement pas totalement, de l’écologie et de la lutte contre les champs d’huile de palme”, explique un écologiste, accessoirement psychologue.

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“Attendre l’avis du GIEC

“L’adorable Greta est géniale. C’est quand même grâce à elle que nos enfants de 5 et 7 ans ont délaissés leurs motos électriques, quand nous allons faire des balades au parc. Depuis qu’ils ont entendu la gamine dire que la pollution est un danger, nos bambins adorent utiliser leurs pieds de nouveau. Pareil pour la lessive et la vaisselle. Mes marmots ont carrément mis nos appareils électroménagers dans le garage. Ils disent qu’il fallait attendre l’avis du GIEC sur le nucléaire, avant de se prononcer définitivement sur l’avenir de notre lave-linge et aussi de notre lave-vaisselle. Depuis, mes mioches se pressent d’aller faire la lessive et la vaisselle eux-mêmes”, relate une maman.

“Beurk, pipi-caca”

En plus de prodiguer conseils et astuces écologiques, la jeune fille tressée, stressée et stressante, selon certains, a décidé, avec 16 autres jeunes, de porter plainte contre 5 pays, afin de les contraindre à en faire davantage pour protéger la planète. Ainsi, la France, l’Allemagne, le Brésil, l’Argentine et la Turquie devront se présenter au tribunal pour s’expliquer de leur comportement jugé écologiquement “beurk, pipi-caca”, selon l’un des plaignants, du haut de ses 8 ans.

“Thunberg connexion”

Les 3 pays les plus pollueurs de la planète, à savoir la Chine, les États-Unis et l’Inde, ne sont pas visés par la plainte de la “Thunberg connexion”, le surnom donné aux groupes de jeunes révoltés. “Il y a une trentaine d’années, la Chine, les États-Unis et l’Inde n’avaient pas signé une convention de l’ONU visant à protéger la santé et les droits des enfants. Bizarrement, c’est ce qui leur a évité d’être poursuivis. Ne me demandez pas pourquoi, je n’en ai aucune idée. Cela dépasse toute logique juridique ou scientifique. Tu défends les mioches et ils t’envoient en Correctionnelle, c’est inédit dans l’histoire. Dans mon village, les anciens disaient : donne à manger à un chien, il te chie dans la main”, explique un membre de l’organisation des nations plus ou moins unies, selon les périodes, depuis son siège à New York.

En 2017, selon le Global Carbon Atlas, la Chine a rejeté 9.839 megatonnes de co2, les USA 5.270 et l’Inde 2.467. Les 5 pays visés par la plainte ont, quand à eux, des taux de dioxyde de carbone déversés dans l’atmosphère de 799 MtCO2 pour l’Allemagne (6ème mondial), 476 pour le Brésil (13ème mondial), 448 pour la Turquie (15ème), 356 pour la France (18ème) et 204 pour l’Argentine (29ème).

“On ne nous a pas fait autant de remarques pour ce que nous avons fait aux kurdes”, précise un ministre turc.

“Nous sommes meilleurs au football qu’en pollution, tout le monde le sait”, analyse un ministre argentin.

“Crever le plafond de la couche d’ozone”

“Oh purée de particules de co2 grosses comme des nems ! Nous l’avons échappés belle. Nous polluons au mètre carré davantage qu’un feu de forêt, mais nous n’avons pas reçu de convocation devant les juges de la part de la gamine qui gueule tout le temps (Greta Thunberg, ndlr), indique le ministre chinois de la protection de l’industrie et de la lutte contre les traités environnementaux. Qui dit consommation dit production. Et qui dit production dit pollution. Et qui consomme ? C’est vous, les européens et aussi les américains. Nos compatriotes chinois, en très grande majorité, n’ont pas les moyens d’acheter quoi que ce soit. Vous avez vu notre salaire minimum ? De toute façon, même s’ils avaient de l’argent, nos ouvriers n’auraient pas le temps pour faire du shopping. Ils travaillent 18h/24, pour le bien du communisme libéral instauré par notre regretté et valeureux Den Xiaoping. Nos travailleurs citoyens ne peuvent rien s’acheter, ils sont trop pauvres. Tous les rejets de co2 de nos usines, c’est de votre faute à vous, les occidentaux. Si vous ne voulez pas que l’on pollue, n’achetez plus nos produits, sacré nom d’un capitaliste ! Nous avions pensé à moderniser nos machines pour les rendre moins polluantes, mais nous n’avons pas le temps de les arrêter. Il faut bien honorer vos commandes”.

“La petite qui crie sur tout le monde”

Même son de cloche de la part de Washington. “Le fait que la petite jeune qui fait la leçon à la Terre entière ne nous ait pas cité à comparaître prouve que Dieu est de notre côté. Je pense même que de là-haut, il nous incite à produire davantage, au détriment de la planète, terre de tous les pêchés. Que Dieu bénisse la petite qui crie sur tout le monde (Greta Thunberg, ndlr), que Dieu bénisse les rejets de co2 voulus par le grand chef la-haut, que Dieu bénisse l’Amérique. La petite Greta est vraiment formidable, explique le secrétaire d’État américain en charge de la préservation de l’environnement et de la promotion des industries polluantes”. Avant de clore l’interview, il m’enjoint, à faire une prière “afin que les USA ne signent aucun accord pour l’environnement pour l’éternité”, selon lui.

“Son combat contre les petits pollueurs”

Afin de remercier, comme il se doit, Greta Thunberg pour les actions en justice qu’elle n’intente pas contre eux, les USA et la Chine ont inauguré, respectivement à Washington et à Pékin, une avenue et une place à son nom. “Nous lui devons bien cela à la gamine qui ne sourit jamais. Qu’elle continue son combat contre les petits pollueurs. Le plus important, c’est qu’elle nous oublie, nous, les gros émetteurs de co2. Il faut bien qu’on bosse. Nous n’allons quand même pas investir dans des technologies qui permettent de moins polluer. La rentabilité passe avant cette foutue couche d’ozone et cette satanée montée des eaux, qui n’est que pure invention de ces diaboliques écologistes. Dans le business, il y a 3 points importants : les bénéfices, les bénéfices et les bénéfices. Sky is the limit, dude (mec, ndlr). Les défenseurs de l’environnement et certains états modèle en termes d’écologie nous demandent de polluer moins. Et puis quoi encore ? Soigner les gens pauvres gratuitement, pendant que nous y sommes ?“, demande un industriel US, tout en promenant sa meute de lobbyistes dans les pelouses de son gigantesque ranch.

“L’air y est plus pur”

Dans l’Empire du milieu, une grande fête a été organisée pour célébrer le procès qui a omit la Chine, avec défilé militaire et réquisition de dizaines de milliers d’enfants, sortis aimablement, par la force légendaire du régime, de leurs écoles ou de leurs usines. Dans une ambiance à la fois festive et sobrement communiste, la désormais Place Greta Thunberg a été inaugurée en grande pompe. “La pollution est un réel problème de santé. Pour vous donner un exemple concret, j’ai envoyé toute ma famille vivre en Europe. L’air y est plus pur qu’à Xingtai, Baoding, Shijiazhuang, Handan ou Pékin, villes où se situent mes usines. Les taux de particules fines dans l’air, officieusement dangereuses pour la santé, y dépassent allègrement les 110, au lieu des 10 μg/m3 conseillés par cette capitaliste OMS, qui cherche à tout prix à rendre les citoyens et aussi les ouvriers en bonne santé. Notre altruisme économique a des limites. Après tout, une petite toux cancérigène de rien du tout n’a jamais empêché personne de travailler”, philosophe un grand industriel chinois, dans son immense bureau situé au sommet de sa tour d’affaires, qui surplombe l’épais nuage de pollution qui surplombe Xingtai.

“La concurrence d’usines américaines ou chinoises”

Ce n’est vraiment pas juste. Nous achetons du matériel high-tech pour rejeter le moins possible de particules fines, nous payons des taxes qui nous coûtent la peau des fesses et nous nous retrouvons à subir la concurrence d’usines américaines ou chinoises qui déversent dans l’air, par canadairs et à la chaîne, des milliers de tonnes de co2, sans que personne ne les envoie au tribunal. Ils pourraient au moins faire un minuscule effort, histoire de nous remonter le moral économique”, supplie un industriel français, tout proche de la faillite.

“C’est qui cette Greta Thunberg ?”

Le troisième pollueur mondial, l’Inde, n’a pas souhaité communiquer sur le sujet. “C’est qui cette Greta Thunberg ? Nous n’avons jamais entendu parler d’elle ici. C’est une actrice de films d’Hollywood ? Elle est de quelle caste ? De toute façon, nous, nous faisons tout comme les chinois, mais en plus discrets. Aussi, je ne dirai rien sur le sujet de cette pollution, dont je n’ai jamais également entendu parler non plus”, explique avec une aimable et désinvolte nonchalance le Secrétaire d’État en charge de la fonte de métaux lourds dans les zones industrielles d’habitations.

 

Crédit-photo : pxhere, cc0.

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