Canicule : les glaces et sorbets goût kebab, couscous, cassoulet, choucroute, tartiflette et gratin dauphinois font un carton.

Malgré les centaines de milliers de recettes estivales qui se trouvent sur le net et dans les livres de cuisine, nombreuses  sont les personnes qui ont envie de manger les plats ordinairement consommés en automne et en hiver. D’ingénieux professionnels de la glace ont créé des recettes qui feront le bonheur des petits, mais surtout des plus grands.

Les fortes chaleurs qui sévissent dans le pays depuis plusieurs jours ne font pas que des malheureux. Les éphémères et sympathiques marchands de glaces, qui travaillent deux mois sur douze, ont profité de la canicule pour mettre du beurre dans leurs épinards. “C’est un cercle vicieux. Les gens ont chaud, intrinsèquement, ils mangent une glace en pensant qu’ils seront tranquilles et désaltérés pendant 2 ou 3 heures, mais pas du tout. La sensation de fraîcheur dure juste le temps de la dégustation, une minute après la dernière léchée, tout au plus. Résultat : ils en rachètent une tout de suite après, les cons. C’est sans fin, l’envie de fraîcheur. Tant mieux, car ça arrange mon business. J’en profite pour remercier les obstinés et infatigables mômes qui répètent à tue-tête qu’ils veulent une glace, au point d’en donner de l’urticaire nerveux à leurs parents, tellement ils répètent en boucle ‘Je veux une glace, je veux une glace, je veux une glace, je veux une glace’. Que voulez-vous ? Ce sont les affaires. Cependant, ils me font de la peine, les papas et les mamans. Je leur ajoute un supplément rhum ou vodka dans leur glace pour les apaiser”, explique un compréhensif marchand de glace.

“J’en mettrais ma main au freezer”

Toujours en quête de satisfaire leurs clients, les vendeurs de glace, traditionnels ou simili-traditionnels, ont concocté de nouvelles recettes très originales. Ainsi, les glaces goût kebab, couscous, cassoulet, choucroute, tartiflette et gratin dauphinois ont fait leur apparition dans les rafraîchissants étals des glaciers. “Les vendeurs qui font passer leurs glaces 100% industrielles pour des traditionnelles, à ta place : j’éviterais de m’étaler sur cet épineux sujet. Des journalistes ou des critiques gastronomiques se sont retrouvé les pieds dans le béton pour moins que ça. Sur les bords de mer ou dans les villes, tu remarqueras qu’en été, il y a plein de calepins, de dictaphones ou de caméras à l’abandon le long des fleuves des villes, de l’Océan Atlantique ou de la Méditerranée. Des marchands sans scrupules font passer leurs glaces avec 90% d’air dedans ou des arômes chimiques de fruits pour du traditionnel : laisse pisser. Sinon, je te conseille de bien vérifier le bas de ta voiture en démarrant le matin, si j’étais toi. J’ai changé de bagnole plus de 30 fois en 10 ans de métier. Sois prudent, mon petit. Les faux glaciers traditionnels, c’est pas la mafia, mais c’est tout proche. Pourquoi ils refusent aux journalistes les visites de leurs congélateurs, d’après toi ? C’est à cause des cadavres de personnes trop curieuses qui se trouvent dedans. J’en mettrais ma main au freezer”, me souffle un critique gastronomique qui dort sur ses deux oreilles depuis qu’il n’écrit plus d’articles sur les glaces traditionnelles.

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“Et pourquoi pas des pizzas au kiwi ou à l’ananas ?”

Les clients sont aux anges. Ils peuvent enfin se délecter de kebab, couscous, cassoulet, choucroute, tartiflette et gratin dauphinois, sous une autre forme, certes, mais sous 35 ou 40 degrés Celsius à l’ombre, surtout. “J’en avais ras-le-gosier des salades façon disette, des brochettes en veux-tu en voilà et des tartares à la con. Moi, j’ai demandé un maxi-mix boule couscous et boule tartiflette. C’est trop bon, y’a pas à dire. Ça désaltère et en plus, c’est bourratif. Chaque boule est de la taille d’une pomme Patte de loup. Au rythme avec lequel le budget vacances fond comme neige au soleil, c’est pas plus mal”, reconnaît un affable vacancier.

Cependant, certains professionnels du secteur ne savourent pas ces nouvelles créations. Un commerçant de la Côte d’Azur, glacier d’origine italienne depuis 15 générations est offusqué : “Il faut de la nouveauté, mais il y a des limites. Glace au cassoulet ? ¿Qué coño? (Qu’est-ce que c’est que ce binz ?, ndlr) Et pourquoi pas des pizzas au kiwi ou à l’ananas ?, pendant qu’ils y sont ?”, demande le talentueux fabricant de glaces traditionnelles.

 

Crédit-photo : pxhere, cc0.

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