Bizutages étudiants : le suppositoire au piment Palajaro en tête des épreuves d’intégration pour la 5ème année consécutive.

Pour la 5ème année consécutive, le piment Palajaro, le plus fort du monde, arrive en tête de l’angoissant et passionnant à la fois classement des traditionnels bizutages de rentrée. Ces épreuves culturelles étant destinées à souhaiter la bienvenue aux nouveaux étudiants de l’enseignement supérieur de la part des anciens.

Pour les étudiants, les mois de septembre et d’octobre sont synonymes de réveils matinaux, d’entassement dans les transports publics, d’achat de fournitures et de déménagements incessants, d’appartements d’amis en logements d’urgence, pour celles et ceux qui n’ont pas encore trouvé de studio au 6ème étage sans ascenseur et sans eau courante. “Salut Lepigramme.fr. Tu sais ?, je peux te rédiger ton article au sujet du bizutage au piment en entier. Il sera impeccable et prêt à être publié. J’ai eu mention très bien au Bac. J’ai eu un Bac L. Je précise ma filière, car ce ne sont pas les prétentieux de S ou les LaREM de ES qui pourront t’écrire ton article. Les bacheliers ES ne seront pas tous de droite. Les étudiants qui se dirigent, volontairement ou non, vers le social voteront tous à gauche quand ils seront dans la vie active, c’est de notoriété publique. Social et riche, ça fait deux, c’est antagoniste au max, c’est comme ça. Donc, je te ponds ton papier, mais à une condition. En échange, je logerai chez toi 2 ou 3 nuits. Il n’y a plus de studios de 4m² en location. Et t’as vu le prix des 6 m² ?. C’est de la folie. Alors, c’est ok ?, ça te va ?. C’est équitable comme marché. Non ?. T’es sûr ?. Tu veux vraiment pas ?. Ok, sans problème. Alors écris-le toi-même ton papelard de mes deux. Je me casse. Juste une dernière chose. Tu saurais où je peux trouver une pharmacie dans le coin, s’il te plaît ?. Je dois acheter d’urgence une crème apaisante. Connerie de bizutage au piment”, explique un sympathique étudiant de première année en littérature appliquée, tout en se grattant vigoureusement le postérieur.

“On en a bavé”

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En plus des enthousiasmes et des tracas plus ou moins importants, la traditionnelle rentrée est également le moment durant lequel les nouveaux étudiants reçoivent les petits gestes bienveillants des anciens lors du traditionnel bizutage. “Gestes bienveillants, gestes bienveillants, j’aimerais te voir à ma place. Je ne sais pas comment ça se passait à ton époque, mais nous, on en a bavé. En fait, on en chie pour être précis. Tu pourrais me dire où se trouvent les urgences les plus proches ?”, me demande un étudiant en pharmacie, tout en se frottant énergiquement le postérieur.

“De vrais petits diables”

Le corps enseignant est au bord de la crise de nerf. En plus de leurs rudes conditions de travail et de leurs salaires de misère, les professeurs doivent affronter la colère des parents et les cris de douleur des étudiants. “Ils foutent rien de toute l’année. Vous avez vu toutes les colossales vacances qu’ils ont les profs ?. Ils pourraient au moins surveiller nos gentilles têtes blondes et empêcher l’utilisation de piments dans le fion durant ces satanés bizutages. Même si ce n’est pas sur leur temps de travail, ils pourraient faire un effort. Auriez-vous l’obligeance de m’indiquer l’adresse d’un bon proctologue ?. C’est pour ma fille. Viens ma petite fille chérie. Ça va aller. Je t’avais pourtant dit de ne pas faire médecine. Mais tu ne m’écoutes jamais. Je t’avais prévenu que sous leurs airs d’enfants de chœur, ce sont de vrais petits diables ces étudiants en médecine”, constate la mère d’une étudiante qui se racle furieusement le postérieur.

“Étudiant qui se lèche spasmodiquement le postérieur”

“Non mais ça va pas la caboche ?. Comme si on n’avait pas assez de travail comme ça, on nous demande de superviser les bizutages. Plus altruistes et patients que les profs, y’a pas. En plus de nos burnoutes (burn-outs, ndlr), on donne les cours dans des amphis surpeuplés, avec le peu de moyens qu’on nous accorde. Mais surveiller les mioches pendant les bizutages ?, on ne peut pas. Que le Ministère de l’Enseignement supérieur le fasse à notre place. La prochaine fois, que le ministre écoute nos revendications et là, à ce moment, on verra. Le ministre gèle notre point d’indice, qui a des répercussions sur nos fiches de paie, donc on gèle la surveillance. Point barre”, annonce un professeur, tout en donnant par compassion un anxiolytique, destiné à son usage personnel, à un étudiant qui se lèche spasmodiquement le postérieur.

“Neurochirurgie, proctologie, réanimation et sophrologie”

Ainsi, pour la 5ème année consécutive, le suppositoire au piment Palajaro, le plus épicé du monde, arrive en tête des épreuves de bizutage les plus prescrites. Il est talonné de peu par chat-bistouquette sur CRS. “Moi, j’ai eu droit aux deux. Je me suis inséré un suppositoire au piment et tout de suite après, les étudiants de troisième année nous ont emmenés jouer à chat-zizi avec des CRS. Notre bizutage s’est déroulé un samedi. Il y avait des CRS partout. Sauf que nos valeureux CRS n’ont pas été prévenus du bizutage. Les organisateurs n’ont pas été au top. Ça a manqué d’harmonisation et de coordination. Ils auraient pu dire aux CRS qu’on allait venir. Résultat de tout ça, j’ai eu droit à quelques coups de matraques et aussi à 2 ou 3 grenades en caoutchouc dans la tronche. Mais je ne leur en veux pas aux CRS. De toute façon, la douleur provoquée par les suppositoires saveur piment a masqué les douleurs dues aux coups de matraque et de flash-ball. Quand des gens, que tu ne connais ni d’Eve, ni d’Adam, viennent vers toi et essaient de te toucher ton organe génital, tu n’as que deux réflexes possibles et logiques. Soit tu esquives, soit tu frappes. Les CRS ont fait les deux. Ils sont super bien entraînés. Pendant qu’on parle, tu pourra me déposer chez un spécialiste qui fait à la fois neurochirurgie, proctologie, réanimation et sophrologie ?. Je ne pourrais pas me balader de cabinets en cabinets. J’ai trop mal là où vous savez (gémissements brutaux de douleur). Put*** de bizutage au suppositoire pimenté”, confie un étudiant de deuxième année en école de commerce, tout en raclant courageusement son postérieur contre le sol bitumé.

“Des défis de plus en plus spectaculaires”

Les organisateurs de ces bizutages justifient leurs gestes. Selon eux, ils répondent au phénomène d’innovation qui régit notre époque. “Actuellement, il y a des défis de plus en plus spectaculaires. Nous nous devons d’être aussi originaux que pervers. Il en va de la réputation de notre établissement. Masturber un bouc, ça a déjà été fait. Il a fallu renouveler, car se balader à poil en centre-ville, ça a déjà été fait. S’auto-arracher un rein sans anesthésie, ça a déjà été fait. Manger des choux à la crème, en remplaçant la crème par le sperme des étudiants de quatrième année, ça a déjà été fait. Se balader avec une pancarte ‘I love Macron’ ou ‘Vive Castaner’ lors d’une manifestation de Gilets jaunes, ça a déjà été fait. Les bizutages en mode humiliation, ça fait trop années 2000. Maintenant, c’est bizutages en mode consternation”, affirme un étudiant de l’ENA, tout en essayant d’introduire laborieusement une dizaine de suppositoires au piment dans le rectum de son docile et apeuré bizuth.

 

 

Crédit-photo : pxhere, cc0.

 

 

 

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