L’ARS demande aux musiciens des balcons de commencer à accorder leurs instruments en prévision de la seconde vague de Coronavirus.

Après avoir passé des semaines à alerter sur le risque d’une seconde vague d’épidémie de Covid, la prévenante ARS a finalement publié le communiqué que nombre de personnes redoutaient.

Déconfinés, après 55 jours de cloisonnement, les français ont pu vaquer à leurs occupations. Mais un certain nombre d’entre eux s’est lâché, dépassant ainsi l’entendement sanitaire. Les rassemblements festifs du canal Saint-Martin et de la rue de Paradis n’ont été qu’une bribe du relâchement “proche de l’inconscience”, selon un virologue, de jeunes et moins jeunes. Idem pour le non-port du masque en milieu clos. “On ne voulait vraiment pas verbaliser. Nous avions assez d’emmerdes avec les Gilets jaunes, mais nous y avons été contraints. La carotte et le bâton : Machiavel avait raison. Si tu ne tapes pas dans le porte-feuille : certains ne comprennent pas les consignes.”, confie un ministre.

“On va morfler”

Ainsi, malgré les centaines de milliers de spots de prévention diffusés à la télé, sur les ondes radio et sur internet, de nombreux citoyens n’ont pas respecté les gestes “barrière”. Selon un réanimateur : “Ça a été une connerie monumentale d’annoncer le nombre de respirateurs libres dans nos hôpitaux dans les infos. Les connards qui ne respectent pas la distance physique, qui sortent sans masque de protection, qui font la fête sans le 1 mètre préconisé se sont dits qu’il y aura un respirateur pour eux. D’autres ont avancé leur âge pour expliquer qu’ils s’en fichent du Coronavirus. On en a le résultat avec la seconde vague qui arrive à pas-de-géant.”

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L’épidémie repart donc de plus belle et surtout, de plus terrifiante. En ce moment-même, ce sont 4 régions qui ont un taux de contamination dans le rouge. “Sur les cartes qu’ils diffusent à la télé, ils devraient écrire ‘rouge hémoglobine’ au lieu de ‘rouge’. Les téléspectateurs seront plus réceptifs. Ils comprendront mieux l’état sanitaire cataclysmique dans lequel est le pays, car c’est presque sûr : ça va gicler. On va morfler. Ce Covid : c’est pire qu’un tsunami et un nuage radioactif réunis”, analyse un météorologue de Météo France.

“On a crié sur tous les toits… pour rien au final”

Dans le cadre de sa mission, à la fois sanitaire, altruiste et bienveillante, le siège central de l’Agence régionale de Santé a recommandé aux musiciens des balcons de “commencer à accorder leurs instruments”. Ce message vaut également pour les chanteurs, de chansons classiques ou populaires. L’ARS leur préconise de débuter leurs vocalises en vue d’un confinement qui “risque de durer des plombes”, selon un généraliste de l’agence. “Que les DJ intensifient leurs entraînements des poignets : ils en auront besoin, car ils vont scratcher longtemps, malheureusement, tellement ce second confinement va se prolonger. On a crié sur tous les toits que les gens doivent faire attention : ils ont fait la sourde oreille, ces abrutis. Pire ! Au lieu de ça : ils se sont rassemblés à plus de 10 et se sont tapé la bise, malgré nos messages d’alerte”, se désole un responsable de l’agence.

“Plus de 30 secondes, ça me fait chialer”

Des psychiatres et des psychologues ont été envoyés pour soutenir le personnel de santé en vue de la deuxième vague de Coronavirus. Tout juste remis de leur long, épuisant et éprouvant travail lors du confinement, les soignants angoissent à l’idée de ne plus dormir que deux heures pas nuit “dans le meilleur des cas”, selon une infirmière.

Du côté de la population, c’est la consternation, mêlée à une forme de stress. Un parisien indique : “je vais encore me taper du Mozart, du Schubert et du Brahms. Le classique, j’aime bien. Mais quand j’en écoute plus de 30 secondes, ça me fait chialer, tellement ça réveille en moi des sentiments enfouis. Même chez mon psy, je ne pleure pas autant. Pour pas paraître malpoli, j’ai dit à mon voisin que j’adorais les morceaux qu’il jouait chaque soir, pendant le confinement. Résultat, il jouait du violon toute la nuit, ce con. Même sur internet : je le retrouvais dans mon écran sur Zoom, Skype, Google Meet, FaceTime, Microsoft Teams, Facebook, Twitter, Copains d’Avant et même sur Tinder. Pour me faire plaisir, il disait. Pareil pour le musicos de l’immeuble d’en face qui a joué du cor pendant tout le confinement. Même ceux qui n’ont pas joué d’instrument depuis le primaire s’y sont mis, ces enfoirés. Je pense notamment à mon voisin d’en face tout fier d’avoir ressorti sa batterie taille enfant de sa cave. Ça allait crescendo. Le reporter de lepigramme.fr, tu diras à celui qui a expliqué que la musique adoucit les mœurs : qu’il se plante sur toute la ligne.”

“Comme pisser dans un violon”

Les musiciens classiques sont outrés. Ils ne comprennent pas que leur art ne soit diffusé à la télévision ou sur internet que lors des confinements. “C’est toujours un plaisir de divertir les voisins. Mais je vais mettre un bémol, tout de même. J’aurais préféré que cela soit en d’autres circonstances. Au premier jour du déconfinement, plus personne ne nous regardait quand nous étions, nous les musiciens classiques, perchés sur nos balcons. Je vais presque croire que c’était du pipeau quand les gens racontaient à tout-va qu’ils adoraient nous écouter. Si je n’étais pas de nature optimiste, je dirais qu’interpréter la sonate pour violoncelle n°3 en la majeur Opus 69 de Beethoven à des gens qui te tournent le dos dès le confinement fini : c’est comme pisser dans un violon. Mais je n’ai pas haussé le ton, j’ai pris sur moi, sans tambour, ni trompette”, relate, visiblement ému, un musicien avec des trémolos dans la voix.

 

Crédit-photo : pxhere, cc0.

 

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