Amende de 4.285 euros infligée à Emmaüs : la Mairie de Marseille a pris en otage 30 SDF et 5 familles pauvres, afin d’être payée.

Emmaüs, la respectable et respectée association qui vient en aide aux personnes en situation de précarité, nient tout lien avec ce que la Mairie de Marseille lui reproche. En cause, un affichage “incivique ” et “irrégulier”. Afin d’être payée très rapidement, les autorités municipales n’ont pas lésiné sur les moyens, et encore moins sur les techniques, dignes des plus grands films hollywoodiens ou siciliens.

Comment une association telle qu’Emmaüs, qui aide sans relâche et avec dévouement des personnes dans le besoin, peut-elle se retrouver poursuivie par une vénérable entité telle que la Mairie de Marseille ?. Les citoyens du pays, riches ou pauvres, locataires ou propriétaires, à la fois étonnés et pris de nausées, n’expliquent pas non plus ce qui est passé par la tête des gens de la seconde institution phocéenne, après l’Olympique de Marseille.

“Ici, c’est Marseille”

“Nous, non. On comprend leur geste administratif, répressif et financier. Les gens oublient qu’ici, c’est Marseille. Plus rien ne nous étonne. Moi, la mairie a confisqué mon cartable. Ils me l’on rendu quand mes parents ont payé la cantine et le périscolaire”, fait savoir un élève de CM1.

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La Mairie de Marseille n’en démord pas. Elle réclame, bec et ongles, le paiement de la contravention de 4.285 euros de la part de l’association Emmaüs et “cela se fera, quitte à utiliser les bonnes vieilles méthodes qui ont fait leurs preuves dans les années 70-80”, selon un élu de la mairie. Il ajoute : “Après, les gens s’étonnent de retrouver leurs doigts dans la Canebière”.

“Ces doigts qui flottent, ça fait marrer les touristes. Des agences de voyages organisent même des circuits touristiques sur ce thème des membres éparpillés un peu partout dans la ville et dans les calanques. Mais attention, je ne dis pas que c’est la mairie qui a fait ça. Je veux garder ma main intacte. J’ai un tournoi de pétanque la semaine prochaine”, avertit un retraité phocéen. “Toi aussi, le gamin de lepigramme.fr. Fais très attention à ce que t’écris dans ton papelard. Un journaliste a toujours besoin de ses doigts, sinon tu devras tapoter avec tes moignons sur ton clavier du Minitel (ordinateur, ndlr) pour écrire tes textes. Mais je le redis, il n’y a aucun lien avec la mairie sur ce que j’ai dit sur tes moignons. On craint dégun à Marseille, mais mieux vaut prendre ses précautions. Allez, va questionner quelqu’un d’autre, fada, je ne veux pas qu’on me voit trop parler avec toi”.

“C’est une erreur !”

Les membres de l’association Emmaüs sont dépités. Ils ne comprennent pas cet acharnement contre leur honorable institution, véritable bouée de sauvetage pour les gens en détresse, suite aux nombreux accidents de la vie qui les touchent.C’est pas nous qui avons fait ça. C’est une erreur !, mais la mairie ne veut rien comprendre. Avec les 4.000 euros, vous vous rendez compte du nombre de gens que l’on peut aider, avec cette somme ?“,  demande un membre d’Emmaüs, tout en réchauffant le biberon d’un bébé pauvre.

L’Abbé Pierre se retournerait dans sa tombe

“Que ça soit eux ou pas qui ont mis les affiches, il y a des limites à ne pas dépasser. La Mairie de Marseille n’avait pas à faire ça. On ne s’attaque pas à une association qui aide les gens pauvres, jamais. Même dans le secteur d’activité dans lequel j’exerçais, on n’aurait jamais osés faire ça. Moi, quand j’ai lu l’article de l’amende demandée par la mairie à ces gentils d’Emmaüs, j’en ai gerbé ma bouillabaisse, tellement ça m’a secoué. L’Abbé Pierre se retournerait dans sa tombe, s’il apprenait ça”, fait savoir un ancien chef de la French Connection, ancienne multinationale spécialisée en import-export de produits du terroir.

“Ça dépasse l’entendement”

“Les gens d’Emmaüs sont adorables et prévenants comme tout. Grâce à eux, je réussis à passer tous les hivers, tous les printemps, tous les étés et tous les automnes. Ils me donnent à becter quand j’ai faim et ils me permettent de m’habiller avec des vêtements chauds pour ne pas clamser de froid la nuit, et le jour aussi. Moi, je suis SDF, je peux te certifier que j’en voit des trucs horribles et dégueulasses dans la rue. Mais ce qu’a fait la Mairie de Marseille à Emmaüs, ça dépasse l’entendement”, relate un sans domicile fixe.

“Il y a des choses qui ne se font pas”

“Moi aussi, j’en ai vu des trucs pas jolis à voir, quand j’étais en prison. Mais là, la Mairie de Marseille aurait pu se retenir de faire ça à une association qui secourt les gens dans le besoin, à Emmaüs, en plus. Quand je suis sorti de taule, c’est grâce à Emmaüs que j’ai pu élaborer un projet professionnel sérieux. Sans Emmaüs, je n’ose imaginer ce que je serais devenu, à l’heure où je vous parle. Franchement, c’est pas bien de s’en prendre à eux. Il y a des choses qui ne se font pas”, explique un ancien détenu, désormais employé en CDI, accompagné de son épouse et de ses enfants.

“Retenues comme garantie pour le paiement”

Les groupes d’intervention sont actuellement en négociation pour permettre la libération des otages. Selon des sources internes, la tâche s’annonce “ardue et périlleuse”. “Bon, ils ont relâché un otage. C’est le cousin par alliance au 3ème degré d’un des employés du Vélodrome. Pour les autres personnes retenues comme garantie pour le paiement des 4.000 balles, on cherche un lien avec l’OM, mais ce n’est pas gagné. Il faut dire que tout ce qui touche de près ou de loin à l’équipe de foot de Marseille, ici, c’est sacré. Mais les associations qui viennent en aide le sont aussi, sacrées. La Mairie de Marseille devrait le savoir, mais non, apparemment. C’est bientôt Noël, en plus ! C’est injuste”, se désole un policier.

 

Crédit-photo : pxhere, cc0.

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